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Tome premier.
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LIVRE TROISIÈME

DE LA MUSIQUE DES HÉBREUX.

CHAPITRE PREMIER.

CAUSES D’INCERTITUDE CONCERNANT LA MUSIQUE DE CE PEUPLE,

DANS L’ANTIQUITÉ.

Il ne reste du peuple hébreu qu’un livre sacré, un pays vide demonuments (1), et des individus épars sur la surface de la terre,sans lien politique, et parlant des langues différentes. Des arts quece peuple cultivait aux temps de sa prospérité, nous ne savons que ceque nous apprennent quelques phrases obscures de la Bible. C’estsur ces phrases, sur de simples mots d’une signification douteuse,que des érudits ont essayé de construire le frêle édifice d’une histoirede la musique hébraïque ; c’est avec ces faibles indices qu’ils se sonthasardés dans le vaste champ des conjectures, pour arriver à la con-clusion qu’on ne sait rien de cette musique, dans le sens véritableattaché à ce mot par les langues modernes.

Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, les traditions de la viecivile et religieuse des Juifs s’étaient si peu conservées, que le sens

(1) En écrivant cette phrase, je n’ai pas oublié les recherches faites par M. de Saulcy, laBible à la main, dans la Judée; ses decouvertes et ses opinions, consignées d’abord dans larelation de son Voyage autour de la mer Morte et dans les terres bibliques, puis dans sonHistoire de l'art judaïque ( Paris, Didier, 1858 ; 1 vol. in-8°) ; mais ces memes opinions, con-cernant particulièrenient l’antiquité du tombeau des rois et l'authenticité de l’art israélite,ayant été contestées par d’autres érudits, ou tout au moins laissées dans le doute (voyez la No-tice des antiquités assyriennes, babyloniennes, perses, hébraïques, exposées dans les galeriesdu Louvre, par M. de Lo.ngpérier, p. 131-134), j’ai cru devoir me conformer aux traditionsphilologiques généralement admises. Il est à remarquer au surplus qu’eu supposant de nou-velles découvertes de monuments qui mettraient hors de doute la réalité d’un art hébraïque, iln’y aurait rien à en espérer pour l’histoire de la musique; car la loi religieuse des Hébreuxleur interdisait la représentation de ligures animées, et conséquemment de joueurs d’instru-ments et de scènes où des chanteurs auraient été employés.

BIST. DE LA MUSIQUE. — T. I.

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