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HISTOIRE GÉNÉRALE
de certaines expressions de la Bible était soumis à des interprétationscontradictoires ; les illustres fondateurs de l’Église d’Orient, aunombre desquels se placent* Origène , Basile le Grand, Grégoire deNysse et saint Jean Chrysostome, ne les rendent pas de la même ma-nière, et même, les auteurs de la version grecque de l’Ancien Testa-ment , dont le travail commença vers l’an 277 avant la naissance deJésus-Christ, étaient incertains de la signification de certains mots,et en ont traduit' plusieurs d’une manière évidemment inexacte. Ledoute va même jusque-là qu’on ne sait si certaines inscriptions despsaumes sont relatives à la musique et si elles indiquent ou des mé-lodies connues des lévites, ou le mode d’exécution de ces chants, ou
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seulement l’usage de certains accents. Enfin, l’antiquité plus oumoins reculée de ces mêmes accents est aussi l’objet d’assez vivesdiscussions; quelques érudits en ont fait remonter l’usage jus-qu’au temps de Moïse, tandis que d’autres pensent qu’ils n’ont étéintroduits dans le chant religieux qu’à l’époque de la captivité deBabylone, ou même plus tard.
Dans une telle situation, c’est-à-dire en l’absence de tout documentconcernant la théorie et la pratique de l’art chez les Hébreux, lesformes des instruments et l’usage de ceux-ci; n’ayant pas mêmela ressource d’un chant authentique pour y puiser des indica-tions de tonalité et de rhythme, il semble qu’il serait plus sage des’abstenir que de s’engager dans de pénibles recherches qui, parla nature même du sujet, doivent être peu fructueuses. Ce parti se-rait celui que j’aurais pris, s’il n’était nécessaire de redresser desopinions erronées qui se sont répandues dans une multitude de li-vres, et si je n’espérais démontrer qu’on ne peut acquérir quelquesnotions probables concernant la musique hébraïque qu’en les cher-chant dans les monuments de l’Égypte et de l’Assyrie, ainsi que dansles traditions des populations arabes de l’époque actuelle.
L’histoire proprement dite du peuple hébreu commence au pa-triarche Abraham ; car tout ce qui précède, dans la Bible, la vocationde ce patriarche, est l’histoire du genre humain, dont les fils deNoé furent les souches, après avoir été sauvés du déluge par unmiracle. La chronologie sacrée fixe la date de ce cataclysme à l’an-née 2987 avant l’ère chrétienne, et celle de la vocation d’Abrahamà l’an 2017, c’est-à-dire environ neuf cent soixante ans après ladispersion des membres de la famille de Noé. Cette dernière date ne