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Tome premier.
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DE LA. MUSIQUE.

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On comprend qu’une famille de pâtres arabes, incessamment oc-cupée de la garde de ses troupeaux et des travaux de l’agriculture,ne pouvait rien enseigner de ce qui concerne les arts au peuple puis-sant et civilisé chez lequel elle s’était établie, et qu’elle reçut, au con-traire, des Égyptiens la connaissance de ces mômes arts, pendant lelong espace de plus de quatre siècles qu’elle vécut parmi eux. Que lesIsraélites aient eu’le génie poétique, cela est mis hors de doute parlelivre de .lob, par plusieurs parties du Pentateuque, par les psaumes,et par d’autres morceaux remplis d’enthousiasme que renferme la Bi-ble. Que la poésie hébraïque ait eu plus d’élévation que celle des Égyp-tiens, nous devons le croire; car les descendants d’Abraham et deJacob puisaient leurs inspirations dans des sentiments religieux d’unordre bien supérieur à ceux qui pouvaient naître du grossier pan-théisme professé par les habitants de l’Égypte. Enfin, que les Hébreuxaient appliqué à leur poésie des chants analogues par leurs accentsaux images dont elle était remplie, cela est aussi vraisemblable ;mais à l’égard de l’art formulé en système, de la notation des sons etdes instruments de' divers genres, nul doute qu’ils en ont acquis laconnaissance dans le pays qu’ils habitèrent si longtemps, et qui leuren offrait les modèles. C’est même un fait reconnu que Moïse, le plussavant des Hébreux et le plus habile musicien, fut élevé à la cour duPharaon, et qu’il y apprit tout ce qu’il savait (1).

Ce grand homme, témoin des maux qui accablaient sa nation, sou-mise au plus dur esclavage pendant le dernier siècle de son séjouren Égypte, prit la résolution de l’en affranchir. 11 la lit sortir enfin dupays de ses oppresseurs et la conduisit, après une succession de pro-diges, jusqu’à cette terre promise, cette contrée de Chanaan qui avaitété son berceau près de cinq siècles auparavant, et qui, plus tard,a porté le nom de Judée. A peine échappé à la poursuite des Égyp-tiens , par le retour inopiné d’une haute marée qui anéantit leurarmée dans un golfe de l’extrémité de la mer Rouge (2), Moïse, à latète des enfants d’Israël, chanta le sublime cantique qui commencepar cette inspiration : Je chanterai un hymne au Seigneur, parce qu'il

(1) Et eruditus est Moyses omni sapientia Ægyptiorum, ut erat potens in verbis, et in ope-ribus suis (Actes des apôtres, VII, 22).

(2) Exode, XIV, 28. Voyez aussi un Mémoire de M. Boys-Aymé ,Sur les anciennes limitesde la mor Rouge, dans la Description de l'Égypte, t. I, p. 311.