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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

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Ptolémée Soter de le piller et de le profaner en 315. Le roi de SyrieAntiochus Épiphane le dévasta de nouveau en 170. Judas Macha-bée y fit de nouvelles fortifications six ans après ; mais elles n’ar-rètèrent pas Pompée, qui s’en empara l’an 63. Crassus, marchantcontre les Parthes, le dévasta de nouveau en 54 ; après quoi, Hérodele fit démolir et rebâtir sur un plan nouveau, plus beau que l’an-cien ; mais, le 10 août de l’année 71 de l’ère chrétienne, l’armée deTitus le renversa de fond en comble, et les soldats d’Adrien en dis-persèrent les débris, après avoir exterminé les défenseurs de Jéru-salem. Instruments de musique, manuscrits, tout avait été anéantipar le fer et par le feu dans ces affreuses catastrophes. Pas un bas-relief , pas une pierre ne nous a transmis les formes de ces instru-ments.

Si l’on ajoute à ces prodigieuses calamités les guerres que se firentles Musulmans et dont Jérusalem ressentit presque toujours les tristesconséquences, puis, enfin, les Croisades, pendant lesquelles la villesainte fut prise ; reprise et saccagée plusieurs fois; si l’on se souvientque cette même ville a soutenu dix-sept sièges accompagnés et suivis dedestructions, on comprendra que les derniers débris de son anciennesplendeur, de son culte, de ses arts et de sa civilisation ont dû dispa-raître sans retour, et conséquemment qu’aucun moyen matériel ne nousest offert pour donner du poids aux conjectures que la lecture de laBible a fait naître dans l’esprit de plusieurs savants commentateurs,concernant la musique des anciens Israélites.

Deux écrivains juifs, Philon et Josèplie, qui vécurent aux dernierstemps de l’existence politique de leur nation, donnent à la véritéquelques renseignements à ce sujet, mais trop peu explicites pourqu’ils nous éclairent sur la nature de l’art cidtivé par les anciens Hé-breux. D’ailleurs, à l’époque où ils vécurent, les traditions de la mu-sique ancienne dans le culte et dans la vie civile, antérieurement àla captivité de Babylone , n’étaient guère moins oubliées que de nosjours, ainsi que cela a été déjà remarqué.

U n’y a donc qu’une source d’instruction à laquelle nous pouvonsraisonnablement recourir, pour avoir quelques notions de ce que futla musique chez les anciens habitants de la Judée, à savoir les mo-numents des peuples dont ils étaient environnés, avec lesquels ilsétaient en relation, ou chez qui ils passèrent de longues périodesd’années, c’est-à-dire, ce que nous savons de la situation de cet art