DE LA MUSIQUE:
65
couragement, n’y trouvant rien de précis sur ce qu’on espérait yrencontrer concernant les lieux et dates de naissance et de mort despoètes chanteurs, ainsi que sur les positions qu’ils ont occupées et lesévénements de leur vie. Impuissante par l’absence de faits bio-graphiques , cette érudition s’épuise en recherches et en rapproche-ments historiques dont le but est de découvrir des faits qui se rat-tachent autant que possible à l’existence du poste qui est le sujet dela notice ; mais, en général, il n’y a point de conclusion satisfaisanteà en tirer. Le savant éditeur des poésies des minnesinger a reconnuplus tard l’insuffisance du résultat de ses recherches, car, dix-huit ansaprès la publication de sa collection, il a donné un supplément (1)dans lequel certains faits biographiques sont éclaircis. Nonobstant l’in-térêt qu’inspire ce nouveau travail, il n’en est pas moins vrai qu’àl’exception de quelques-uns des minnesinger les plus célèbres, sur les-quels on recueille plutôt des inductions que des faits, on n’a, pour leplus grand nombre, que des noms joints à leurs poésies (2). Ce quenous allons dire de ceux qui sont, à juste titre, considérés comme desmaîtres dans l’art du poète chanteur, est extrait de ce qui a été faitde plus satisfaisant sur eux et sur leurs ouvrages.
Un des plus célèbres minnesinger, parmi les anciens, est connusous le nom de Klingsor. Tout ce qui le concerne est mystérieux.Suivant Ilietrik d’Apolda, qui écrivit en 1289 la biographie desainte Élisabeth, Klingsor habitait en Transylvanie, où il jouis-sait d’un revenu de trois mille marcs; il était philosophe, connais-sait la littérature ancienne et possédait les sciences de la magieet de l’astronomie; enfin, il fut choisi comme juge de la lutte poé-tique ouverte au château de Wartbourg, en 1207, par Hermann,
(1) liildersaal altdeutscher Dichtcr, Bildnisse , JVappen und Darstclliwgen aus dem Jœbeiiund der Liedern der deutscUen Dichter des Xll bis XIV Jahrhunderts , etc. Von y etc., Berlin,1856, 1 vol.
(2) Nous nous sommes abstenu de donner la biographie des troubadours et des trouvères,parce qu’il existe dans la littérature française un grand nombre d’ouvrages qui ont pour objetla vie et les ouvrages de ces poètes chanteurs : il n’en est pas de même pour les Minnesingeret leurs successeurs les Meistersdnger de l’Allemagne, car on peut dire hardiment que, hors deleur patrie, leur histoire et leurs ouvrages sont inconnus. Les historiens de la musique semblentavoir ignoré leur existence, et, ce qui paraît inexplicable, l’Allemand Forkel n’en a pas dit unmot. Ces considérations nous ont déterminé à combler cette lacune età faire connaître, autantque cela est possible dans notre cadre, quelques-uns des plus célèbres Minnesinger et de mar-quer, par des traits caractéristiques, ce qui les distingue de leurs successeurs les Meistersànger .
MST. Î)E LA MUSIQUE. — T. V. 5