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HISTOIRE GÉNÉRALE
landgrave de Thuringe,' et à laquelle prirent part les minnesingerHenri d’Ofterdingen, Walther de Vogelweide, Wolfram d’Eschen-bach , Reinmar de Zweter, Biterolf et Henri, dit le vertueux écrivain.Suivant les chroniqueurs, Klingsor, après avoir.prédit la naissancede la princesse Élisabeth et son mariage avec l’héritier de la cou-ronne de Thuringe, retourna en Hongrie, où la faveur dont il jouis-sait auprès du roi André et de la reine Gertrude ne fit que s’ac-croître. Ayant acquis des richesses considérables, sa maison, disentles mêmes chroniqueurs, devint aussi luxueuse que celle d’un évêque.Après la mort de sa souveraine, assassinée en 1214, il se retira àla cour de Thuringe , ou, selon d’autres, à celle de Cassel, et mourutdans un âge avancé, vers 1250. Voilà donc des faits établis par lesanciens biographes; cependant Jacques Grimm (1), d’après Ko-berstein (2) et Guerres (3), vient les renverser, ne considérantKlingsor que comme un personnage allégorique dont le nom, forméde Klingen, résonner, et ohr, oreille (sons qui frappent l’ouïe),serait simplement l’emblème de la puissance de la poésie chantéesur le sentiment humain. Von der Hagen semble avoir partagé cetteopinion, le nom de Klingsor ne paraissant pas dans sa liste des min-nesinger. Néanmoins, Hermann Damen, poète chanteur qui futpresque son contemporain, déplora sa mort avec celle de Nithart,de Marner et de Wolfram d’Eschenbach. Ajoutons que le manuscritde Manesse lui attribue le poème sur la lutte de la Wartbourg, qued’autres présentent comme anonyme.
L’absence de renseignements positifs sur la personne des pluscélèbres minnesinger ne se fait pas moins remarquer en ce quiconcerne Wolfram d’Eschenbach, l’un des plus grands poètes chan-teurs de l’Allemagne, que pour les autres. Les uns le font naîtreen Suisse, d’autres en Bavière : quant aux circonstances de sa vie età l’époque de sa mort, tous ont négligé de nous en instruire. SiWolfram lui-mème ne fournissait dans ses poèmes quelques rensei-gnements sur ce qui le concerne, on ne pourrait pas essayer d’es-quisser son incomplète biographie. C’est donc à l’aide de ces confi-dences du poète, que l’on peut suppléer à cc que nous ont laissé
(1 ) Meisterges 'àng., p. 117.
(2) Minnesinger, etc.,IV e partie, p. 193, note2.
(3) Ibid., p. 160-190.