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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

d’achever. Il est possible de déterminer l’époque où il travaillaità cet ouvrage, parce qu’au vers 4743, il se trouve une évidenteallusion au Partirai de Wolfram d’Eschenbach qui fut terminé en1204; d’autre part Wolfram, qui composait son poème de Willehalmen 1215, y parle du Tristan de Gottfried : on doit en conclure quele chef-d’œuvre du maître de Strasbourg fut composé entre les an-nées 1204 et 1215. Suivant le portrait de Gottfried qui se trouvedans le précieux manuscrit de Manesse (1), et surtout, comme l’a faitremarquer un biographe, si l’on considère la jeune et fraîche imagi-nation qui règne dans toutes ses productions, la mort a dû le frapperdans un âge peu avancé. D’après le témoignage du minnesingerRodolphe d’Ems, Gottfried était décédé plusieurs années avant l’ap-parition du poème allemand Freidanska Beschreidenkeit, qui fut ter-miné en 1229. Lès œuvres de Gottfried connues aujourd’hui sont :

< 1° deux petits poèmes ( Sprache ) dont le premier a pour sujet lesmaux que produit l’égoïsme; l’autre, la fragilité du bonheur hu-main. 2" Trois Lieder : le premier est une chanson d’amour; le se-cond fait l’éloge de la pauvreté, de la pureté , de la chasteté, del’humilité et de la patience; le dernier est une hymne à la Vierge,à Jésus-Christ et à Dieu le Père. 3° Tristan et Iseult, qui serait peut-être le plus beau poème épique du moyen âge, s’il eût été terminéet si l’on n’avait pas le Partirai de Wolfram d’Eschenbach. M. II. F.Massmann a donné une très-bonne édition du Tristan , d’après legrand nombre de manuscrits qu’on en possède , et l’on doit à Fré-déric Henri Von der Hagen une édition complète des œuvres deGottfried de Strasbourg, Breslau, 1823, 2 volumes in-8°.

A peu près contemporain de Walther de Vogelweide, puisqu’unepartie de sa vie s’écoula sous le règne de l’empereur Frédéric II,Ulric de Lichtenstein, l’un des plus remarquables minnesinger,naquit vers 1200 dans le château du même nom, sur les bords dela Mur, non loin de Judenbourg, dans la haute Styrie. Le soin qu’ila pris de faire connaître lui-même les événements de sa vie, dansses poésies , a mis les biographes à l’abri des tortures qui leur sontimposées pour tirer de l’oubli les autres poètes chanteurs du treizièmesiècle. Dès l’âge de douze ans, Ulric fut attaché comme page à laduchesse Béatrice de Méranie : il resta dans cette position jusqu’à sa

(1) Biblioth. nationale de Paris, n° 7266.