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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

pav l’originalité de la forme consistant en une réunion de chansons,que par les renseignements qu’ils fournissent sur la vie de l’auteur,sur les mœurs et coutumes de son temps, ainsi que sur les extrava-gances de la galanterie chevaleresque alors en vogue, ces ouvragesfont connaître aussi, d’une manière piquante, les procédés des min-nesinger pour la composition de'leurs poésies chantées. On les trouvedans plusieurs manuscrits des grandes bibliothèques. Lachmanna donné à Berlin, en 1841, une édition de deux poèmes d’Ulricde Lichtenstein, avec des notes de Th. de Karajan.

Le Tanhuser ou Tanhæuser fut un des maîtres de la poésie chantéedans la seconde moitié du treizième siècle. Richard Wagner, quien a fait le héros d’un de ses drames musicaux, l’a mis au nombredes poètes qui ont pris part à la lutte de Wartbourg, en 1207; c’estun anachronisme de plus d’un demi-siècle; à peine Tanhæuserétait-il né à cette époque; il est même plus que douteux qu’il le fût.Il y a eu deux familles du nom de Tanhuser ou Tanhæuser , l’une enSouabe, l’autre en Franconie. Les armoiries du minnesinger, qui setrouvent dans le manuscrit de Manesse, ont été comparées par Vonder Hagen avec celles de ces deux maisons; il les a trouvées diffé-rentes (1), en sorte que son origine est inconnue. Cependant cesmêmes armoiries font voir qu’il était de noble lignée; de plus il étaitchevalier, ainsi que le prouve ce passage d’une ancienne chroniquerapportée par Goldast (2) : Tanhuser eques germanus proinde doclusatque slrenuus carminibus el fabulis apud nos concelebralur. Par quelquespassages de ses poésies, il parait avoir été attaché dans sa jeunesseà Venceslas I er , roi de Bohême, puis à Ottokar son fds. On le trouveensuite au service d’Albrecht de Thuringe et plus tard à celui de Henri,duc de Breslau. On voit, par quelques allusions de ses poèmes,qu’il vivait encore sous le règne de l’empereur Rodolphe de Habs-bourg (1273-1291). La date de la mort de Tanhæuser est inconnue. Vonder Hagen a remarqué que, sans avoir la délicatesse, la grâce et lesentiment profond de Walther de Vogelweide, sans posséder la fan-taisie qu’on remarque dans les œuvres d’LTric de Lichtenstein, enfin,dépourvu qu’il est de sentiment religieux, quoiqu’il eût été che-valier croisé, il puisa dans les dispositions ironiques de son esprit

(1) Minnesinger , IV e partie.,p. 421.

(2) Alamanicarum rerum Script ., I, p. 89.