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DE LA MUSIQUE.
une certaine force d’invention. Une de ses pièces, intitulée Venusberg(le Mont de Vénus), a causé un grand scandale et a fait vouer sonauteur au feu éternel par le pape Urbain IV. Sous une forme allégo-rique , Tanhæuser exalte dans ce chant l’espèce d’amour réservé auxmauvais lieux; ut in Veneris monlem hoc est lupanaria, dit la censurepontificale. Von der Hagena publié seize chansons de Tanhæuser dansson recueil de chants des minnesinger (1).
Nithart, fécond minnesinger, comme poète et comme compositeurde mélodies, vécut dans la première moitié du treizième siècle. Letitre de Herr (messire) précède son nom parce qu’il était de noblefamille et chevalier. Une ancienne famille de ce nom existait enFranconie : il y avait aussi une noble famille du nom de Neidhart ;on pourrait donc hésiter entre ces deux maisons pour l’origine dupoète chanteur; mais le vieux Meistersang Hans Sachs a dissipé l’in-certitude par cette phrase : Nitharts Heimat ist Baiern ( le pays natalde Nithart est la Bavière). Autrefois, la Franconie, la Souabe et laBavière se confondaient : il est d’autant plus probable que le min-nesinger était de la famille des Neidharth Fuchs de Franconie, qu’unrenard {Fuchs) est dans ses armoiries sur son tombeau à Vienne.Étant chevalier, il se croisa et fut, suivant toute probabilité, de lasuite du duc d’Autriche, Léopold VU, en Syrie et au siège de Da-miette, dans les années 1217-1219. Après le départ du prince pourl’Europe, Nithart, resté en Orient, s’attacha au duc Louis I er de Ba-vière qui, charmé de ses talents, devint son ami. Nithart ne retournaen Allemagne qu’après la prise de Damiette, en 1221. Plus tardil alla de nouveau en Autriche et se fixa au bourg de Medling sur laVienne. Après 123i, on ne trouve plus de traces de l’existence deNithart et lui-même cesse de fournir des renseignements sur sa per-sonne dans ses poésies ; cependant ce n’est pas à dire que cette annéesoit celle de sa mort, la date de son décès étant ignorée. Sans avoirle mérite poétique des maîtres dont les notices précèdent celle-ci,ce minnesinger offre de l’intérêt pour l’histoire de la musique, parles mélodies de ses chansons, très-supérieures à celles des autrespoètes chanteurs de l’Allemagne, au treizième siècle.
Ici cesse la nécessité d’ajouter des biographies de minnesinger àcelles qu’on vient de lire et qui concernent les plus illustres : pour
(1) Minneshtger y 11 e partie, p. 81-97.