DE LA MUSIQUE.
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d’Eschenbach, Walther de Vogelweide, Ofterdingen et Gottfriedde Strasbourg, comme des maîtres chanteurs, et de ne commencerl’existence de ceux-ci qu’à l’époque de Frauenlob : il est d’avis qu’onne saurait nier que l’art de ces maîtres chanteurs manifeste sonexistence dès le quatorzième siècle, bien que pas une chro-nique, pas un document, dit-il, ne fasse mention d’une semblableinstitution (1). En lisant ce passage, on voit que l’illustre sa-vant n’a pas eu connaissance de la patente par laquelle l’empe-reur Charles IV approuva les statuts et règlements de la cor-poration et lui accorda des armoiries ; il parait également qu’il n’apas su que la bibliothèque royale de Berlin possède un manuscrit enplusieurs parties contenant les œuvres des maîtres chanteurs de Nu-remberg ( Sangvceisen des Nürnberger Meisters'ànger), et que lesmaîtres dont on y trouve les chants, à savoir Frauenlob, Marner,Erenboten, Conrad de Würzbourg, Cantzler, Henri Müglin, Regen-bogen et autres, appartiennent au quatorzième siècle. Le système deGrimm consiste à considérer l’histoire de la poésie chantée de l’Al-lemagne comme se divisant en trois époques, la première ayant soncommencement dans la seconde moitié du douzième siècle et secontinuant jusqu’à la fin du treizième, la seconde comprenant lequatorzième siècle, et la dernière tout le quinzième. Rien n’empèched’adopter cette division ; mais elle n’infirme pas l’existence de la cor-poration des maîtres chanteurs dans les deux dernières périodes.
Après avoir combattu l’idée d’une corporation de maîtres chan-teurs dans le quatorzième siècle, Grimm suppose qu’il en a existéune antérieurement aux maîtres célèbres connus sous le nom deminnesinger : suivant son opinion, ces premiers chanteurs avaientpour mission le divertissement du peuple, ce qui les assimile auxjongleurs de la France. « Rien ne s’oppose, dit-il, à la supposition« que ces poètes et ces chanteurs ont formé un état particulier, voya-it géant et chantant devant le peuple et à la cour, et qu’ils ont« constitué un corps quelconque (2). » De ces chanteurs du peupleseraient sortis ceux qui, plus tard, vécurent chez les princes et qui,
(1) Ueber den altdeulschen Meistergesnng , p. 2G-27.
(2) « Sodaun aber ist wieder Keiu Bedenken, dass die Dichter und Singer einen eigenen« Stand gebildet, der unter dem Wolk imd an den Ilôfen heruin gezogen und auf irgend eine« Weise zuzammen gchalten bat. » — Ibid., p. 28.