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HISTOIRE GÉNÉRALE
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abandonnant les formes des chansons populaires, en auraient crééde plus souples, plus délicates et plus développées : ils auraientformé la première époque des maîtres chanteurs. Quel que soit lerespect inspiré par un savant tel que Grimm, on ne peut se dissi-muler que le système l’égare ici : on se demande en effet comment,après avoir argumenté de l’absence de documents contre la réalité dela corporation des maîtres chanteurs du quatorzième siècle, il ensuppose une autre deux cents ans auparavant. Il pouvait aller plushaut encore et remonter jusqu’aux douze chanteurs allemands quise firent entendre devant l’empereur Otlion, dit le Grand, ainsi quedevant le pape Léon VIII, à Pavie, en 962 , et qui, suivant un livre dela corporation des maîtres chanteurs de Strasbourg (1), en auraientobtenu des lettres patentes avec leur sceau et une couronne d’or (2).Sans examiner quelle autorité doit être accordée à la mention de cefait dans le livre de la corporation des maîtres chanteurs de Stras-bourg, qui ne fut fondée qu’en 1493, et admettant qu’il a existé enAllemagne, antérieurement au milieu du dixième siècle, des chan-teurs populaires qui auraient obtenu des lettres patentes en 962, iln’y aurait aucun rapprochement à faire entre ces jongleurs et lesminnesinger : Grimm n’a pu oublier que parmi ceux-ci se trou-vaient des princes souverains, beaucoup de grands seigneurs, et queles plus célèbres par leurs ouvrages étaient de race noble et che-valiers.
Concluons donc, de cette discussion, que les corporations de maî-tres chanteurs ont succédé aux minnesinger dès le commencementdu quatorzième siècle; que leur existence à Nuremberg, à Franc-fort, à Mayence, et plus tard à Strasbourg, est reconnue par les his-toriens et constatée par des documents irrécusables; qu’elles con-servèrent leur organisation, leurs statuts et leurs privilèges pendantles quinzième et seizième siècles, ce que démontrent des actes au-thentiques, au moins pour Nuremberg et Strasbourg. Dans la pre-mière de ces villes, Hans Sachs, le cordonnier poète et musicien,instruit dans l’art de la versification par le tisserand Léonard Nun-
(1) Le titre de ce livre est : Tabulaturbuch , oder Ordnung und Gemess in der loblichenKunst des Meistergesangs, wlc man e.in jedes vicium und Laster erkennen und < verküten,auch anderein der GcselLschaft fiir fallende Man gel straffen und abschaffen soll,
(2) Ftfrkel, Geschichte der Musik y Th. II, p. 768.