DE LA MUSIQUE.
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Er-liôrt er die
Sel mein.
Dans ce dernier chant, on reconnaît l’œuvre d’un musicien plushabile que les auteurs des deux autres; on y trouve plus de mouve-ment et plus de variété dans les formes. Conrad de Würzbourg, en ef-fet, ne fut pas seulement poète et chanteur ; il était aussi violiste, ainsiqu’on l’a vu dans les légendes du premier tableau de Strasbourg.
Tous les chants des Meistermnger portent des inscriptions qui sontautant d’énigmes : Wagenseil a donné un catalogue très-étendu deces inscriptions (1), sans éclaircir toutefois leurs significations.Forkel en a mentionné quelques-unes, mais il n’en a pas cherchél’explication (2). J. Grimm en a fait l’objet d’un chapitre de son traitédes maîtres chanteurs (3) : il y a porté sa rare sagacité et a proposédes explications de quelques-unes de ces inscriptions, lesquelles pa-raissent fondées; mais il en est d’autres contre lesquelles il ya desobjec-tions sérieuses à faire. Au premier aspect, cesinscriptions semblent serapporter à la musique, parce qu’on y trouve souvent le mot Thon,ton; telles sont celles-ci : kurlze Thon, ton bref ; langen Thon, ton dé-veloppé; gulden Thon, ton d’or ou doré; grïmen Thon, ton vert;rothe Thon, ton rouge; zarten Thon, ton délicat; neuen Thon, nou-veau ton; Spiegel Thon ( ton qui a l’éclat du miroir 2); Hoff Thonton de la cour, etc.; prises à la lettre, ces expressions n’ont pas desens en musique. Le mot weise est aussi souvent employé dans cesinscriptions; Grimm explique weise par waise, parce que l’an-cienne poésie allemande a des vers non rimés ou vers blancs; ce-pendant on voit ce mot en tète de chants dont tous les vers sont ri-més. Remarquant que, dans la première strophe du poème sur laguerre poétique de Wartbourg ( Warleburger Krieg) , Ofterdingen
(1) Ouvrage cité, p. 531.
(2) Allgemeine Geschichte der Mustek, t. Il, p. 1G7.
(3) Ueber den altdeutschen Meistergesang, p. 10G.