Band 
Tome cinquième.
Seite
108
JPEG-Download
 

108

HISTOIRE GÉNÉRALE

son office de la nuit, par mesure de police , en a ôté toute la poésie ;elle a fait disparaître l’émotion mystérieuse qui saisissait autrefois lesfidèles, dans ces heures enlevées au sommeil, par le spectacle im-posant des cérémonies de l’Église. Plus tard, les chants populairesconnus sous le nom de Noëls qui, à l’approche de cette grande fête, sefaisaient entendre dans les rues, ont disparu de la plupart desprovinces : ils ne tarderont pas à être oubliés chez les catholiques,car, chose remarquable, Noël n’est plus un jour de jubilation quepour les protestants.

La plupart des anciens manuscrits de missels, de graduels et d’an-tiphonaires n’ont pas de rubriques, c’est-à-dire, d’explication descérémonies qui se pratiquaient au moyen âge dans les offices desgrandes fêtes; cependant il existe quelques exceptions dans les livresdu treizième siècle, par lesquels on voit que les vigiles de Noël et lamesse de minuit étaient une représentation de la naissance du Christ,suivant l’Évangile, avec toutes les circonstances qui s’y rattachent :c’était tout un drame dans lequel le chant occupait une place impor-tante. Dans son développement, ce drame réunissait les deux récitsévangéliques de saint Matthieu et de saint Luc. Après le Te Deum,un enfant, représentant l’Ange, chantait ces paroles de l’Évangile desaint Luc aux bergers qui gardaient leurs troupeaux : Nolite timere,ecce enirn evangelizo vobis gaudium magnum quod eril omni populo,quia natus est vobis hodie Salvator mundi in civitale David, et hoc vobissignum; invenietis infanlem pannis involulum et positum in præsepio.« Ne craignez point, car je viens apporter une nouvelle qui sera

vres du XIII e siècle i’oflicé des cinq dimanches, servant de préparation à l’avénement deJésus-Christ, bien qu’il paraisse constant que dès les IX e et X e siècles les dimanches avaient- été réduits à quatre. Nous pensons qu’il n’y eut pas d’unité liturgique à ce sujet et que les usagesdifférèrent suivant les pays. Notre opinion se fond sur ce que le précieux graduel du X e siècle,que nous avons acquis à la vente de la partie réservée delà collection Libri, n° 580 du catalo-gue, n’a que les quatre dimanches et que, comme le dit M. Clément, l’introït du quatrièmeest Borate , cœli, desuper , etc., tandis que le missel de l’ancienne abbaye de Saint-Hubert,aujourd’hui en notre possession et qui est aussi du X e siècle, a cinq dimanches à VAvent, ainsique le missel du XI e , qui est à la bibliothèque royale de Bruxelles. Dans ces deux manuscrits,comme dans notre graduel du XIII e siècle, l’introït du quatrième dimanche est Memento nos-tri , Domine , et celui du cinquième dimanche est Rorate , cœli. Notre graduel du XIV e siècle,noté en neumes allemands, n’a que quatre dimanches à 1* A vent ; l’introït du quatrième est Mé-mento nostri, Domine , et Rorate , cœli est celui de la messe du samedi qui le précède. *Ajoutons à cette observation que le manuscrit dont s’est servi M. Clément a des séquencesaux trois premiers dimanches de l’Avent, et que c’est une exception, car aucun de nos livres, niaucun de ceux que nous avons vus, n’ont de séquence à cette époque de l’année liturgique.