DE LA MUSIQUE.
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Chrysostome. Pour les chrétiens, point de fiction dans ce drame,comme dans ceux du théâtre : les convictions de leur foi leur faisaientvoir, dans le développement de faction liturgique, non-seulement lesymbole du divin sacrifice auquel ils devaient leur rédemption, maisle sacrifice lui-mème. Un peu plus tard, nous avons retrouvé la tra-dition de ce même drame (1) dans la liturgie gallicane de la Franceméridionale, et le peuple également partie active dans les cérémoniesdu culte. Jusqu’au neuvième siècle, la participation populaire àces cérémonies fut conservée ainsi que dans le chant des psaumes,de quelques antiennes et des litanies : elle était si puissamment entréedans les mœurs, que ce ne fut pas sans une résistance énergiqueque la substitution de la liturgie romaine à la gallicane attribua auclergé toute la part réservée au peuple avant cette époque.
Après ce grand changement, aussi blessant pour les affections re-ligieuses de la population franke que pour celle des Gaulois, lesévêques semblent avoir reconnu la nécessité de ranimer l’intérêtpopulaire pour le culte, à l’aide de certaines formes dramatiquesdonnées aux offices commémoratifs de la naissance, de la vie et dela mort de Jésus-Christ. Ce fut alors que l’on organisa en France,dans les Pays-Bas, et plus tard dans les diverses parties de l’Alle-magne , certaines formes liturgiques de l’Avent, des fêtes de Noël,de l’Épiphanie, du mercredi des cendres, du dimanche des Ra-meaux , de la semaine sainte, de Pâques, de l’Ascension et de laPentecôte, sans oublier les rogations de mai, déjà instituées au cin-quième siècle par saint Mamert, mais auxquelles on donna plus derelief par les processions et les litanies chantées en chœur.
L’Avent n’a plus, chez les peuples modernes, le caractère d’attenterecueillie du jour de la naissance du Sauveur qu’il avait dans lemoyen âge (2) ; Noël même a perdu sa solennité : la suppression de
(1) Peut-être trouvera-t-on impropre cette expression appliquée aux choses saintes; cepen-dant nous la voyons employée dès les premiers temps par les Pères de l’Église, notam-ment par saint Hilaire, dans son hymne pour le jour de l’Épiphanie, dont voici les premiersvers :
Jésus refulsit, omniumPius redemptorgemium ;
Totum genus fideliumLaudes celebret dramatum.
(2) À l’occasion de ce temps de Vivent, M. Félix Clément, dans son livre intitulé Histoiregénérale de la musique religieuse , fait la remarque (p. 92) qu’on retrouve encore dans les li*