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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

tous terminés par une imitation du braiment de l’âne, hin-han. A latin de la messe, le prêtre, au lieu de dire Ile Missa est, faisait entendrele même cri, et le peuple, au lieu de répondre Deo gratias, disaittrois fois hin-han, hin-han , hin-han ( 1) ! Dans le même office, onchantait une prose dite de l'âne, que Pierre de Corbeil a repro-duite plus tard dans l’office de la Circoncision, mais seulement danssa première partie : la deuxième, qui est en langue vulgaire, nousa été conservée par Du Cange, d’après le manuscrit du douzièmesiècle dont il s’est servi. Nous ignorons si le chant de cette secondepartie, laquelle était un refrain, était le même que celui de la pre-mière, sauf une légère variante au commencement, Du Cange n’ayantdonné aucun renseignement à ce sujet et le manuscrit qu’il avaitsous les yeux n’ayant pas été retrouvé jusqu’à ce jour. L’existenced’un autre manuscrit, provenant aussi de Beauvais, a été signaléepar Danjou, dans ses lettres sur son voyage de recherches en Italie.Ce manuscrit se trouvait alors à Padoue, chez un amateur nomméM. Pacchierolli. En 1856, M. Victor Didron, fondateur des Annalesarchéologiques , se trouvant à Padoue, obtint du possesseur du ma-nuscrit l’autorisation de faire faire un calque de la prose de l’ânequi s’y trouve et dont le chant, à trois voix, fut publié en fac-similédans le seizième volume de ce recueil scientifique. La mélodie dece manuscrit offre une version modifiée de celle du manuscrit de Senset de la copie qui se trouve à la bibliothèque de Paris, sous le n° 1351,où la fin delà dernière strophe, en français, contient une codacomme dans le texte publié par Du Cange. Il y a donc lieu de con-sidérer la version du manuscrit de Padoue comme étant celle dela Fête de l’Ane qui, dès le douzième siècle, se célébrait à Beauvais,à Laon, à Noyon et probablement dans d’autres villes; mais cemanuscrit étant du treizième siècle et n’ayant pas le refrainfrançais du rituel du douzième, il se peut que, dans l’inter-valle d’un siècle à l’autre, l’usage de ce refrain ait été supprimé. Nousdonnons ici la prose telle que l’a transcrite Du Cange, avec la mé-lodie du manuscrit de Padoue. Ce chant est évidemment du huitième

(1) «. * *, Incipiebat Missa soleranis cujus Introîtus, Kyrie, Gloria , Credo , etc., bac modo*« latione hinham concludebantur ; sed quod magis stupendum, Rubricæ Mss. hujusce festi ba-« bent : in fine Missæ sacerdos versus ad populum , vice Itc, missa est, ter hinhunnabat ;a. populus vero, vice Deo gratias, ter tespondebat : hinham, hinham, hinham . »

HIST. DE LK MUSIQUE. — T. V.

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