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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

graves étaient en dehors du manche et se pinçaient à vide ; les sixautres étaient doubles sur la touche qui était divisée par des cases ;l’accord général était celui-ci :

(i).

Au moyen âge, le nom du luth est écrit de diverses manières,comme leut, leulh, luit, lut , lue, luz, lus. En latin, le nom était les-tudo ; les Italiens disaient laule et liulo ; les Allemands lauÿ et laute.Un passage de Molinet, lues et orguetes, harpes, psaltérions, rapportépar du Cange, a donné lieu à une singulière méprise du savantForkel, qui n’a pas reconnu le luth dans ces lues du poète : « Quant« à savoir, dit-il, ce que c’étaient que les lues, on n’apprend cela« nulle part. Peut-être étaient-ils baptisés de la sorte du nom de l’in-« venteur, qui pouvait s’appeler Lucas (2). »

Le corps du luth était bombé et à côtes oblongues qui diminuaientprogressivement de largeur jusqu’au manche, sur lequel était colléeune touche en ébène. La table d’harmonie était ovale; au milieu setrouvait l’ouverture d’une rosace de grande dimension. Le chevillier,renversé en arrière, était percé de trous pour les chevilles placéesdes deux côtés. Au bas de la table était collé le cordier. Cetteforme de l’instrument est restée la même depuis le moyen âge jus-qu’à la fin du dix-huitième siècle, où l’instrument a cessé d’êtreen usage.

La mandore, dont on aperçoit l’usage dès la fin du douzièmesiècle, fut une réduction du luth. Comme cet instrument, la man-dore avait le corps bombé et à côtes, mais il était proportionnelle-ment plus allongé, ainsique l’ovale de la table. Le chevillier, au lieud’ètre renversé en arrière comme celui du luth, était au contrairerecourbé en avant et souvent terminé par une tète d’animal fantas-tique. La mandore était montée de quatre cordes : on ignore quelétait leur accord au moyen âge. Une figure d’ange, publiée par Bottée

(1) Mersenne, Harmonie universelle , Traité des instruments , p. 87.

(2) « Was aber die lues fur Instrumente gewesen seyn môgen, ist nirgends zu finden. Viel-« leicht haben sie diese Benennung von dera Erfinder derselben, der etwas Lucas geheissen« hat, bekommen. » Forkel, Allgem . Geschichte der Musik, t. H, p. 747.