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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

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nous allons le démontrer par des preuves tirées de deux instruments

de notre collection. Voici les dessinsdonnés par cet auteur (fig. 8 et 9):

On voit à la seconde de ces figu-res quatre boutons destinés à faireagir des capo Lasto , sorte de silletsmobiles dont l’usage était d’élever,dans de certaines proportions, l’ac-cord de l’instrument. Nous avonsparlé de cet effet dans le secondvolume de notre Histoire.

De nos deux cistres, le premier,qui est du seizième siècle, a quatrecordes doubles en laiton et en acier, lesquelles s’attachent par leur ex-trémité inférieure à des boutons placés au-dessous de la table d’har-monie ; elles sont tendues par huit chevilles disposées des deux côtésde la volute dont la forme, semblable à celle des figures publiées parM. de Coussemaker, a toujours été celle des cistres. Quatre capo lastosont placés sous le manche et traversent la touche pour agir directe-ment sur les cordes. L’autre cistre est un bel instrument du commen-cement du dix-huitième siècle : il est très-orné de nacre. Le corps estbombé et à côtes séparées par cinq filets d’ébène et d’ivoire. Les cor-des, au nombre de onze, sont divisées en cinq doubles et une simple(chanterelle) : elles s’attachent par leur extrémité inférieure à autantde boutons d’ivoire placés sur l’éclisse au-dessous de la table d’har-monie : à l’autre bout des cordes sont des œillets qui s’introduisentdans des crochets de cuivre qui les tendent par une machine à visqu’on fait agir par une clef. Au-dessus du manche se trouvent les lé-viers de trois capo taslo ; ils traversent la touche, laquelle est di-visée en quatorze cases par des filets saillants de cuivre. La voluteest courbée en avant, comme celles des cistres ordinaires. Cet ins-trument remarquable a été construit à Paris par Charles Porion,qui figure dans les comptes de la musique de Louis XIV en 1707,comme luthier de la cour : son chiffre est gravé sur une plaquede nacre placée au-dessous du chevillier. L’identité d’espèce de cesinstruments et de ceux de M. de Coussemaker n’est pas contes-table; il est évident qu’il a confondu le cistre avec la guitare mo-resque. Quant à celle-ci, sa forme fut, sans aucun doute possible,

Fig. 8. Fig. 9.

1 Iéawi