DE LA MUSIQUE.
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§ 11 .
INSTRUMENTS A ARCHET.
La rubèbe à deux cordes. — Les gigues (geige des Allemands) et lerebec à trois cordes. — Les vielles ou violes à quatre^ cordes. — Lesvielles ou violes à cinq cordes. — La viole italienne ou viole ias-lade à six cordes. — La vielle à roue.
Nous avons dit, au quatrième volume de notre Histoire (1), que larubèbe fut un instrument à cordes qui eut pour origine le rebab desArabes; l’analogie des noms, le nombre des cordes, leur accord,l’étendue semblable des deux instruments, la manière de les tenir etd’en jouer, démontrent en effet qu’ils sont sortis de la même source.Le nom de la rubèbe était connu depuis longtemps par les vers duTemps paslour de Guillaume de Machau, souvent cités ; mais Perne estle premier qui décrivit l’instrument d’après le traité de musiquede Jérôme de Moravie, alors inédit (2). Quelle était la forme de cetinstrument? Jérôme ne le dit pas et aucun monument ne le faitvoir. Était-il analogue au rebab de l’Asie et de l’Égypte ou à celuides Maures d’Afrique, qui fut aussi celui des Maures d’Espagne?Bien qu’aucun texte ne fournisse de réponse à cette question, il y alieu de croire que la rubèbe ressemblait à ce dernier instrument,dont la forme est plus régulière. Quoi qu’il en soit, Jérôme de Mora-vie nous apprend que la rubèbe est un instrument de musique quin’a que deux cordes, lesquelles sont à la quinte l’une de l’autre, etqu’il se joue avec un archet, comme la vielle(3). Par les explicationsqu’il donne ensuite, il est évident que les notes de ces cordes étaient :
et, par la suite du texte, on voit que l’étendue to-
tale de la rubèbe. était conforme à cet exemple :
l re corde.
2 e corde.
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(1) Livre onzième, cliap. IV, § ni, p. 493.
(2) Jievue musicale, t. Il, p. 457 et suiv.
(3) Est autem rnbeba musicum instrumentum habens solum duas chordas, sono distantes ase per diapente, quodquidem sicut et viella et cum areu tangitur. Cap. 28.