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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

La rubèbe était tenue par le manche, près du chevillier, par celuiqui en jouait,'et était appuyée sur son genou. Le si b et le si if de laseconde corde se faisaient parle même doigt. Le ré, dernière note decette corde, se faisait avec le petit doigt. C’est la seule différence qu’il

y ait entre la rubèbe et le rebab, dontl’étendue n’est que d’une octave,

les Orientaux ne se servant jamais du petit doigt pour jouer des ins-truments à cordes.

La rubèbe, instrument grave, comme on vient de le voir, donnanaissance, selon toute probabilité, au rebec, dont le diapason étaitplus élevé, la caisse sonore plus petite, montée de trois cordes, commela gigue qu’il a fait oublier en France, dans le seizième siècle, etqui se jouait comme un violon. Eustaclie Deschamps et le Roman dela Rose la nomment rebeblee t Molinet rebelle. L’analogie de ces nomsavec celui de la rubèbe est évidente, et l’on voit que celle-ci et le rebecforment un genre spécial. Le corps du rebec était oblong, tronquéaux quatre angles et légèrement cintré sur les côtés. Son accord destrois cordes était celui qu’on voit ici :

M. de Coussemaker a confondu le rebec avec la rubèbe de Jérômede Moravie (1) : celle-ci était la basse, et l’autre le dessus. La volutedu rebec était souvent terminée par une tète sculptée plus ou moinsridicule, ce qui avait donné lieu à l’expression proverbiale : c’est unvisage de rebec.

La gigue fut une viole du moyen âge sans cases sur la touche etsemblable, sous ce rapport, aux instruments modernes à archet :Martin Agricola l’appelle, à cause de cela, Klein Geige ohne Jiünde(petite viole sans liens) (2). L’instrument était monté de trois cordes;il fut connu dès le douzième siècle et probablement plus tôt. Les ins-truments de ce genre qu’on voit figurer sur d’anciens monuments,particulièrement sur le chapiteau de Rocherville et sur le portail dela cathédrale d’Amiens, semblent indiquer que la gigue fut faiteoriginairement d’un seul morceau de bois qui formait le corps del’ins-

(!) Annales archéologiques , t. VIII, p. 243-245.(2) Musica instrumentalis deudsch, p. LVJ.