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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE. 181

quel appartient notre instrument, et le diapason français avant laréforme de 1859.

Cette comparaison des diapasons par les anciens instruments, àquatre siècles d’intervalle, nous parait très-digne d’intérêt, à causedes inductions directes que nous pouvons en tirer, particulièrementpour la voix de basse, ainsi que nous allons le démontrer.

Le ténor de la flûte à huit trous sonnait une quinte plus bas quele discanlus, d’après ce que nous apprennent Sébastien Virdung,Martin Agricola et Ganassi del Fontego : cela est d’ailleurs prouvé par

l’instrument lui-même, puisque son ré

se produisait

tous les trous étant ouverts, comme pour le la du discantus. La lon-gueur du ténor de flûte était de 1 m.31, y compris la tète. La bassede cette flûte sonnait la quinte inférieure du ténor, suivant les mêmes

auteurs et comme le prouve, en effet, sa note sol ^ P= ^ j qui

avait tous les trous ouverts, ainsi que le ré du ténor et le la du discan-tus. La longueur de l’instrument était de 1 m.62, la tête comprise.Or, par le diapason dont nous avons eu l’idée de nous servir, il est

démontré que, quand la voix de basse chantait le fa grave

qu’on rencontre dans presque toute la musique vocale des anciens

du dia-

temps, cette note répondait au contre ré bémol

bcv

pasondit normal. Par ce fait, nous avons la preuve de la décadencevocale de l’espèce humaine ; car, si l’on excepte peut-être la Russie,on ne trouverait pas dans toute l’Europe une seule basse-taille quiapprochât de ce contre ré, la plupart des basses de nos jours ayantpeine à faire entendre d’un bon timbre le fa grave du diapasonactuel. Nous n’avons plus que des barytons, c’est-à-dire des voix quine peuvent ni descendre ni monter. Une autre conclusion à tirerdes faits que nous venons d’établir, c’est que la diminution pro-gressive de la faculté des basses à descendre aux sons graves, estla cause réelle de l’élévation graduelle du diapason jusqu’à l’état ac-tuel.

Notre flûte soprano à huit trous a, partant de l’embouchure, le pre-mier trou derrière, pour être fermé avec le pouce : il est très-grand,