204
HISTOIRE GÉNÉRALE
L’étendue de ce clavecin était de trois octaves et une tierce, corn-et finissant à fa .
mencant à ré
W-
o
Son échelle
était entièrement chromatique et le nombre de ses touches était dequarante. Toutefois le même auteur nous apprend qu’il y avaitaussi des clavecins dont le clavier avait une autre disposition , com-
3 =
mencant à fa
Q
et finissant à sol
ce clavier
n’avait que trente-neuf touches.
Le mécanisme du clavecin de cette époque consistait en une tigeattachée verticalement au bout de chaque touche et portant à sonextrémité supérieure une petite languette à bascule armée d’unbout de plume de corbeau d’environ 2 millimètres. Pressé sur lacorde par l’abaissement de la touche, le bout de plume la faisait ré-sonner en s’échappant comme un ressort. Dans ce mouvement la lan-guette basculait et l’appareil redescendait quand le doigt se relevaitde la touche. L’effet produit était celui d’une corde pincée par ledoigt ou par un plectre.
La disposition des cordes de ce clavecin est très-digne de remar-que , car elle renverse l’ordre des sons, plaçant les plus longues de
ces cordes et conséquemment les sons lesplus graves sous la main droite et lesplus aigus sous la gauche, ce qui est lecontraire de nos instruments à clavier eten opposition absolue avec les nécessitésdu doigté. Cette singularité se reproduitdans la forme d’un clavecin vertical dela même époque, appelé claviciterium, etdont on voit ci-contre la figure :
Le clavier de cet instrument a la mêmedisposition que celle de l’autre clavecin,et l’on voit que les cordes les plus courtessont vis-à-vis des touches qui devraientfaire entendre les sons les plus graves.Virdung, Agricola et Othmar Luscinius
Tig. 30.
qui, dans leurs ouvrages, ont donné ces figures d’instruments et quiétaient contemporains de l’usage de ces clavecins, ne disent pas un