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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE. 213

il servait de basse au premier discant, appelé Oberdiscant. Voici sonétendue :

Du langage assez obscur de Prætorius, dans la description del’orgue d’Halberstadt (1), nous avons déduit les faits principaux quenous présentons ici :

1° Toutes les touches du premier clavier faisaient résonner à la foisquatre tuyaux d’une mixture, appelée en France fourniture ou plein-jeu, à savoir, la tierce majeure du son fondameutal, sa quinte et sonoctave. Sa basse se jouait avec le clavier de pédale : on pouvait yajouter aussi la basse du troisième clavier.

2° Le second clavier servait à jouer le chant choral, accompagnépar la basse du troisième clavier : leur réunion formait ce qu’on ap-pelait alors un bicinium ou chant à deux parties. Quand on y réunis-sait la basse du clavier de pédale, il en résultait un trium.

3° Les séries de tuyaux ou jeux de cet orgue paraissent avoirété au nombre de sept, dont les noms étaient : 1° Principal, jeude flûte de 8 pieds ; 2° Octave, jeu de flûte de 4 pieds ; 3° Super-octave,jeu de flûte de 2 pieds ; 4° Quinte, jeu de mutation dont la diapho-nie fut l’origine ; 5° Cymbale, jeu composé alors de deux petits tuyaux,à sons aigus, accordés à la quarte sur chaque touche des deuxièmeet troisième claviers; 6" Mixture, sur toute l’étendue du premier cla-vier’; 7° Subbasse, ou contrebasse, au clavier de pédale.

La question relative à l’invention du clavier de pédale se pré-sente ici de nouveau : pour la résoudre en ce qui concerne les droitsattribués à Bernardo Murer sur cette partie importante de l’orgue, ilfaudrait savoir si, lors de l’érection de l’instrument d’Halberstadt, en1361, le quatrième clavier y existait, ou s’il n’y a été placé qu’en 1495,lorsque Grégoire Kleng en a fait la restauration ; mais l’inscriptionque nous avons rapportée ne fournit point de renseignement à cesujet, et aucun document connu ne supplée à son silence. Il reste doncincertain si la pédale de l’orgue existait au quatorzième siècle ou sielle n’y est entrée que dans le suivant. Toutefois, si l’on considère

(1) Di Organographia, p. 99-101.