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HISTOIRE GÉNÉRALE
nécessité qui faisait changer les valeurs des notes par les trois rè-gles qu’on vient de voir? Par la première il fallait, dans certains cas,que deux notes ayant un mouvement descendant fussent des brèves.Eh ! qui empêchait d’écrire ces brèves au lieu d’une longue qui per-dait sa valeur? Où était la nécessité de la transformation? où étaitcelle de la règle? A ces questions il n’y a point de réponse possible.Il en est de même des autres règles. Par la seconde, quand une brèveétait liée à une autre brève descendante, elle devenait longue : celaétant, pourquoi, la longue étant une nécessité, ne l’écrivait-on pas?L’autre règle est encore plus insensée, si cela est possible : une lon-gue, ayant la queue en haut et à gauche et étant liée à une brève, soitmontante, soit descendante, toutes deux devenaient des semi-brèves !Où était donc l’obstacle qui empêchait d’écrire ces semi-brèves donton avait besoin? Ne semble-t-il pas que nous sommes à la fête desFous, où personne ne veut paraître tel qu’il est, oùles clercs prennentdes habits de femme, où l’enfant de chœur se déguise en évêque?Rien de tout cela, d’ailleurs, n’a de rapport avec la mesure ; ce ne sontque des transformations de figures.
Nous nous arrêtons dans cette analyse du système des ligatures, _parce qu’elle nous parait suffisante pour en faire comprendre l’ab-surdité : nous allons toutefois présenter le tableau de toutes ses rè-gles , attendu qu’il est utile d’en avoir la connaissance pour tra-duire les restes de la musique du moyen âge en notation moderne.Le lecteur y verra que tous les développements de ce système sontégalement contraires au but naturel de toute notation et à la raison.Si l’on voulait en relever toutes les énormités, il faudrait écrire unvolume.
TABLEAU DES LIGATURES.
Ligatures de deux notes.
1 . Lorsqu’une longue, ayant la queue en bas et à gauche, était liée à une note des-cendante , elle devenait brève; exemple : .
2. Lorsqu’une brève était liée à une note qui descendait, elle devenait longue; exem-ple : =■*=.
3. Lorsqu’une longue, ayant la queue en bas, à droite ou à gauche, était liée à une
note ascendante, elle restait longue; exemple : — .