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HISTOIRE GÉNÉRALE
régulière, quant à la correspondance des voix ; mais les hauteurs res-pectives des signes y sont mal observées (1). Aucune indication to-nale ne s’y trouve, d’ailleurs , soit par des lettres ou autres marquesaccessoires. Ainsi que nous l’avons dit 3 en traitant de la notationneumatique, la seule ressource, pour déterminer les intonations desnotations de cette espèce, consiste à retrouver la dominante du ton,par laquelle on peut reconnaître la finale. Les paroles sont le com-mencement d’une séquence ïambique que voici :
Mira lege, miro modo,
Deus format liominem ;
Mire magis hune reformat;
Vide mirum ordinem.
Reformandi mirus ordoIn hoc sonat decacordo.
A la même époque existait déjà, sans nul doute, une didactique dudéchant, bien que les règles ne s’établissent que postérieurement àce que l’homme apprend de son seul instinct. Nous disons qu’une cer-taine didactique du déchant existait dès la seconde moitié du onzièmesiècle, parce que nous en trouvons un manuel élémentaire dont l’au-teur est Francon de Cologne que nous considérons, avec les plus an-ciens biographes, comme appartenant à cette époque, et que l’ou-vrage même- nous en fournit la preuve, comme on le verra tout àl’heure. Or Francon eut des prédécesseurs sur ce sujet, ainsi qu’ille déclare lui-mème. Les textes de pareils ouvrages ne sauraienttrouver place dans une Histoire de la musique, laquelle doit êtreun tableau clair et rapide des créations et des transformationsde cet art, et non une collection de documents d’une lecture dif-ficile. Ce qui intéresse dans une telle histoire, ce sont les faitsprésentés sous la forme la plus simple. Nous nous garderons donc derepéter ici textuellement ce que ditFrancon des qualités consonnanteset dissonantes des intervalles des sons et de leurs successions; maisnous mettrons sous les yeux des lecteurs ce qui est important pourconnaître la situation delà musique des sons simultanés à l’époque où
(1) M. de Coussemaker a publié, dans son Histoire de l'harmonie au moyen dge, le fac-similéde ce morceau noté enneumes, pl. XXIII. lien a essayé la traduction à la page XXI de ce mêmeouvrage : notre intention n’est pas d’examiner ici l’exactitude de cette traduction ; nous dironsseulement que le ténor sort évidemment des limites du sixième ton choisi par le traducteur.
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