256 HISTOIRE GÉNÉRALE
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Pour tout musicien quelque peu instruit qui prendra la peined’examiner avec attention la pièce que nous venons de reproduire,ce sera un sujet d’inépuisable étonnement, non-seulement que sonauteur ait été qualifié de grand, mais encore qu’il y ait eu un tempsoù de pareilles productions aient pu être prises pour l’art de la mu-sique , tout ce qui peut blesser le sentiment musical et le bon senss’y trouvant réuni. A ne considérer que ce qui est du domaine de laraison, qu’est-ce d’abord que cette troisième voix du morceau dont lesujet est un alléluia, et qui coupe ce mot en syllabes séparées par des si-lences de vingt à trente mesures? Arrivé à la syllabe lu, cette voixse met à répéter u... u... u... u.... u.... u; elle ne dit enfin la der-nière, ta, qu’à la quatre-vingtième mesure! Pourrait-on croire qu’unepareille dérision ait été tolérée dans les églises, si nous n’avionsfait voir que d’autres folies plus scandaleuses encore s’y sont main-tenues pendant plusieurs siècles, au moyen âge et après?
Au point de vue de la musique, Yalléluia, de Pérotin est une con-ception pitoyable : l’unité tonale y est trahie du commencementjusqu’à la fin. Dans l’enchevêtrement des deux voix supérieures,