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* HISTOIRE GÉNÉRALE
la nature de la musique. Nous sommes donc convaincu qu’en faisantabstraction de ces conventions de notation dans notre traduction,nous avons atteint notre but d’historien. Les nouveaux métri-ciens, MM. Rossbach, Westphal, Henri Schmidt, Cæsar, WilhelmBrambach, Moritz Schmidt et Bernhart Brill, en suivant la voieque leur avait ouverte Apel, ont fait relativement à l’objet de leurstravaux la même chose que nous, lorsque, se plaçant au vrai point devue du rhytlime, ils ont donné aux œuvres poétiques de la Grèce deseffets auparavant inconnus, laissant à l’écart les théories absolues,et par cela même fausses, du docte Hermann et de ses prédéces-seurs.
Parmi les formes de la musique du moyen âge à sons simultanés,il y en avait une à laquelle on donnait le nom de conductus, conduit.Comme en toute chose, les didacticiens de cette époque se montrentinhabiles à indiquer avec précision en quoi le conductus différait desautres pièces de leur temps. Un seul exemple de ce genre de combi-naison est connu jusqu’à ce jour par la publication qu’en a faiteM. de Coussemaker, d’après le manuscrit de Montpellier (1) : Pérotinen est l’auteur. Laissant à part les licences antiharmoniques qui yabondent, nous pouvons déclarer qu’on n’y aperçoit aucun sens, soitmélodique, soit rhythmique. On ne voit point en quoi cette formediffère du motet, si ce n’est que le ténor, c’est-à-dire la partie infé-rieure, n’a point de paroles et semble être une fantaisie du composi-teur. La seconde voix a un texte latin et la première des paroles fran-çaises. Si le nom de conductus, qu’on donne à un morceau de cetteespèce, n’indique pas une sorte de marche ou de procession en usagelorsqu’on se rendait d’un lieu à un autre, soit dans l’église, soit au de-hors, il n’avait aucune signification. D’après deux vers du Romande la Violette, lesquels disent :
Cil jugleor veillent lais
Et sons, et notes, et conduis,
M. de Coussemaker présume que la partie qui n’avait pas de paroles
(1 ) L’Art harmonique aux XI /' et XIII e siècles, n 0, lV—1.