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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

plus haut (p. 265), le triplum de ce morceau, Adieu commantamourettes, ayant été composé vers 1264, à l’occasion d’un impôtsomptuaire établi par une ordonnance de saint Louis, laquelle avaitsoulevé une vive opposition à Arras, ville de plaisir et de luxe, etavait excité des haines entre les diverses classes de ses habitants.Il y a lieu de croire que les autres motets et les rondeaux, écrits dansun système analogue, appartiennent à peu près à la même époque etqu’ils ont précédé l’éloignement du poète de sa ville natale, ainsi quela composition du poème U Congiê Adam, publié dans les recueils deBarhazanet deMéon. Ses autres œuvres, c’est-à-dire la plupart de seschansons, son poème du Roi de Sicile et surtout les deux drames quiviennent d’ètre cités, ont un caractère absolument différent. Arrivé àParis, il s’attacha à la fortune de Charles, comte d’Anjou, de Robert,comte de Flandre, son beau-frère et du comte d’Artois, son neveu :il les accompagna en Palestine, en Syrie, en Égypte, puis en Pro-vence. En 1282, il suivit à Naples le comte d’Artois, envoyé parPhilippe le Hardi pour tirer vengeance des Vêpres siciliennes. Ce futpour les plaisirs de la cour de Naples qu’il composa le Jeu de Robinet de Marion ainsi que le Jeu Adan. 11 mourut dans cette ville en 1286ou peu auparavant. On voit donc qu’après 1264 il n’y a plus de cer-titude pour la continuation de la culture des formes conditionnellesdu déchant, et que, s’affranchissant des traditions de cette musiquebarbare, le trouvère artésien se livre aux inspirations de son géniemélodique jusqu’à la fin de sa carrière.

Que se passa-t-il, dans le domaine de la musique à sons simultanés,pendant les trente dernières années du treizième siècle? Si l’inductionne venait à notre aide, il serait vraisemblablement impossible de fé-pondre à cette question; mais l’état dans lequel nous allons trouverl’art au commencement du quatorzième siècle est un indice certain dece qui a dû le précéder; car il n’a pu se faire qu’on y soit arrivé toutà coup et sans transition. Sans aucun doute, c’est dans l’espace detemps que nous venons d’indiquer que la transition a commencé.Pour donner à cette assertion la solidité nécessaire, nous devons en-trer dans des développements dont l’intérêt historique est assez con-sidérable pour que nous n’hésitions pas à nous y livrer.

Les meilleures sources d’informations sur la situation de la musi-que d’une époque déterminée sont incontestablement les produits decet art, c’est-à-dire la musique elle-même ; mais la fin du treizième