DE LA MUSIQUE.
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siècle ne nous offre qu’un seul monument de ce genre, dont il seraparlé plus loin ; s’il en est d’autresen notre possession, ils ne sontpas suffisamment connus et le temps où ils ont été produits est in-certain. Quelques didacticiens, sur qui l’on possède des renseigne-ments plus positifs, au point de vue chronologique, doivent doncnous venir en aide pour éclaircir certaines difficultés, à défaut desmonuments de l’art dont nous sommes privés. Cependant on ne peutse dissimuler que cette ressource est presque toujours insuffisante, laplupart de ces auteurs parlant longuement de choses de peu d’intérêtet ne disant rien de ce qui serait important pour l’art et pour sonhistoire. C’est ainsi que les auteurs de traités de musique qui appar-tiennent au commencement du quatorzième siècle donnent de bonsexemple» de contre-point à deux voix et les multiplient même au-delàde ce qui est nécessaire, tandis qu’on chercherait en vain dans lesouvrages de ceux dont l’autorité est la plus considérable, tels queJean de Mûris et Philippe de Vitry, un seul mot concernant l’har-monie à trois ou quatre parties. L’ouvrage d’un moine qui paraitavoir vécu vers le commencement du XV e siècle (1) est le premier oùil en soit donné quelques exemples. La lecture d’un seul morceau demusique du temps en apprendrait plus sur ce sujet important que cequi se trouve dans tous les traités. Voyons cependant ce que vont nousrévéler ceux-ci.
Un écrivain didactique, nommé Marchetlo ou Marcheto et sur-nommé de Padoue à cause du lieu de sa naissance, est le premier quijette quelque lumière sur certaines modifications dans la notation etle système de la mesure. Il vécut dans la dernière moitié du treizièmesiècle et au commencement du quatorzième. On a de lui deux ou-vrages dont le premier a pour titre Lucidarium in arle musicæ planæ ;l’autre est intitulé Pomérium artis musicæ mensurabilis. La doctrinequ’il y expose, en ce qui concerne les ligatures, est conforme à celledes anciens memuralistes des douzième et treizième siècles ; cependantil fait voir que des nouveautés considérables s’étaient introduites dans
(l) Guillelmus monachus : on conserve de lui un traité de musique dans la bibliothèqueSaint-Marc à Venise. Cet ouvrage, dont l’existence a été signalée par M. Valentinelli, gardede ladite bibliothèque, fait partie de la collection : Scriptorum de musica medii ævt, publ.par M. de Coussemaker. On ne sait rien delà vie de ce moine Guillaume, si ce n’est qu’ilétait Italien et qu’il vivait au commencement du XV e siècle.