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HISTOIRE GÉNÉRALE
de Vitryavec ceux de Jean de Mûris. Tous deux sont, à juste titre, con-sidérés comme maîtres dans la didactique de cet art; ils écrivaient à lamême époque, puisquel’un des traités de Philippe portela date de 1319,et que celui de Jean de Mûris, concernant la musique mesurée, fut faiten 1321 (1). Néanmoins la doctrine de ce dernier est plus avancée, étantconforme à celle des maîtres du quinzième siècle : elle offre desdifférences considérables avec celle qu’on Vient de voir, ainsi quenous allons le démontrer.
Philippe de Vitry considère la double longue ^ comme la plusgrande valeur dans le temps musical ; il en fait le principe du modeparfait, qui, conséquemment, devait être composé de six temps. D’au-tre part, il admet également la longue de trois temps comme ayantla même qualité. Il y a plus de régularité dans le système de mesurede Jean de Mûris, étant admis que le nombre trois est le type de laperfection. Au lieu de la double longue, le signe de la plus grandedurée dans le mode parfait est, dit-il, la maxime qui, dans le mode etdans le temps parfait, vaut trois longues de trois temps ou neuf temps,et qui, dans le mode parfait à temps imparfaits, vaut trois longues dedeux temps, ou six temps. La classification de ces mesures est plus claire,plus satisfaisante, chez les didacticiens du quinzième siècle, à causedes termes simples dont ils se servent. Ils appellent mode parfait ma-jeur celui qui renferme trois longues parfaites, et mode parfait mineurcelui dont les trois longues ne valent chacune que deux temps (2bI*ar ce qui vient d’être rapporté, on voit que, vers 1320, il n’y avaitpas encore partout identité sur la valeur des durées du mode parfait.Quant aux autres modes, la même doctrine régnait partout.
Il parait nécessaire d’aborder ici une question relative à l’histoire dela notation, parce qu’elle est intimement liée au système des modesnouveaux dont nous nous occupons. En parlant des valeurs de notes
(1) M. E. de Coussemaker a publié ce petit ouvrage, dans sa collection des écrivains dumoyen âge sur la musique, sous ce litre : Libellus contas mensurabilis secundum Johannemde Mûris , et il en a donné l’intitulé de celte manière :
« Quilibet in arte practica mensurabilis rautus erudiri mcdiocrittr affcctans, ea scrihat di-« ligenter que sequuntur summarie compilata secundum magistrum Johannem de Mûris. »
Ces derniers mots ne se trouvent ni daus notre manuscrit de ce manuel, ni dans ceux deFlorence et de Itome que nous avons vus; le nôtre porte : summarie compilata a magistroJohanne de Mûris. Ce n’est donc pas d’après ce maître, mais par ltii>mème ,qu’ont été écrits cespetits traités de la musique mesurée et du contre-point.
(2) Jo. Tinctoris tractatus de regulari valore notarum, cap. 2.