aüfl* , arrêter une efquilïe , une compofition ; arrêter uncontour, une figure, le trait d’une figure , & l’on veutfaire entendre par-là que tous ces objets font déterminés& n’éprouveront plus de changement*
Le mot arrêter , au propre , dans la langue générale ,lignifie retenir & fixer un corps vivant ou animé, qui,fans cela, fuivroit un mouvement.
Ici , arrêter le trait ou la compofition , veut dire :les fixer de manière qu’ils ne cèdent plus au mouvementd’une imagination indécife.
L’Artifte , quelqu’habile qu’il foit j héfite fouvent endeffinant ou en compofànt : il elfaye , il corrige ; enfin ,plus fatisfait, il s arrête à une Idée , à une forme ; iltrace, le plus corredement qu’il lui elî poflîble, les con-tours ou les différens objets d’une compofition, dans laréfolution de n’y rien changer. Ce qu’il a fait alors efiarrêté , & même , quand ce ne feroit qu’une elquilfe, letableau fembie lui-même arrêté d’avance , par la détet-mination que prend l’Artifle de fuivre, en l’exécutant,ce qu’il vient de tracer.
Venons à quelques obfervations fur cette opération ■qui appartient plus à l’efprit encore qu’à la main ; maisadreflons-les aux jeunes Artiftes , parce qu’elles leur con-viennent plus qu’à ceux qui ne pratiquent pas l’Art, ou àceux qui le pratiquent depuis long-temps.
Il y a certainement , daris les études que vous faites ,des motifs d’incertitude ; car le trait de la beauté dechaque objet, efi; tellement délicat ^ que l’Artifte doittoujours craindre de l’avoir paffé, ou de ne l’avciir pasatteint. Mais fi , trop plein de cette crainte louable, voustombez dans une indécifion habituelle , ce défaut, quivous fera perdre beaucoup de temps, qui mettra votreTome I, G