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dans le temps où j’écris ; car les mots Artifle & ArtifaHont dû s’employer indifféremment lorfqu’on ne diftinguoitpas avec autant de précîfîon qu’on le fait la différente na-ture des Arts, On nomme donc aujourd’hui un Forge-ron , un Charpentier, un Maçon , Art if ans , St le Pein-tre , le Sculpteur, le Graveur, Artifles. Cependant onne nomme pas ainlî le Poète ni le Mufîcien. Cette diftinc-tion vient fans doute de ce que les Artijles que j’ai délï-gnés emploient dans la pratique de leurs Arts , & mettenten œuvre pour leurs ouvrages des matières & des pro-cédés qui femblent quelquefois les rapprocher des Arti~fans, tandis que le Poète & le Mufîcien ne font ufageque de lignes convenus qui n’ont aucun rapport à cequ’on appelle travail de la main.
Comme mon but eft non-feulement de rapprocher lesBeaux-Arts les uns des autres, mais de les confîdérer leplus qu’il eft poffible par ce qu’ils ont de noble &d’élevé , je m’étendrai principalement, en parlant icidu Peintre , fitr les qualités libérales qu’on doit délirerdans un homme voué aux Arts, & qui les exerce avecle refjseéi qu’on leur doit, dans un homme dont lesdevoirs font de tranfmettre fes lumières par des inftruc-tions & des exemples, dans un Artifle enfin, qui con-traire l’obligation d’augmenter la gloire de fa patrie , enilluftrant fon nom par des talens & des vertus.
La vue prompte & jufte, la main adroite & fléxiblefont inconteftablement des qualités néceffaires à ï Artifle.J’oferai y ajouter, non comme effentielle, mais commefavorable , une conformation heureufe & même diftin-guée ; les proportions & les formes qui nous appartiennent,s’offrant continuellement à nous , il eft impoflible que nousn’en ayons pas une confçience habituelle, & que ï Artifle
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