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comme la facilité & l’adrelfe des organes s’acquiert estrépétant les mêmes mouvemens.
Mais comme on peut difiinguer differens cara&ères demémoire , préférons de douer notre Artifte de celle desIdées., des objets & des formes , & biffons aux Savanscelle des dates , des faits & des noms qui leur efl indif-penfable.
La mémoire des idées aide à former dans les Arts &■pour la moralité de l’homme, la chaîne de ce qu’onappelle principes-, fans laquelle on ne penfe, on n’agit,-on ne travaille qu’au hafard.
La mémoire qu’on peut appeller locale , celle desobjets & des formes, eft le magafin de vérités pittorefques, où F Artifte doit trouver ce qu’il a raffemblé pourle befoin de fon Art. Cette mémoire n’efl pas très-commune , & fi l’on fe donne la peine d’obferver , ondiflinguera facilement dans la fociété ceux qui en fontprivés , parce qu’on ne leur trouvera pas dans le difcoursune précifion & une certaine jufleffe defcriptive qui pro-viennent de cette forte de mémoire. Elle efl indifpen-fàble , fur-tout aux Peintres, dont les imitations doiventêtre juftes & les formes précifes. Elle efl prefque auffinéceffaire à ceux qui veulent juger des ouvrages de laPeinture, parce qu’il faut, pour porter un bon jugement,qu’ils fè rappellent exaâement les formes & les objetsimités.
Mais les deux, efpèces de mémoire dont je viens deparler , demandent que notre Artijle, pour en faire unufàge brillant, foit doué d’imagination.
Donnons-lui donc cette faculté d’emmagafîner avecâftivité les images choifîes de tout ce qui tombe fous lesfins, & de les retrouver, avec la même promptitude ,