Band 
Tome premier.
Seite
260
JPEG-Download
 

*60 B O R

cercle de ceux qui font à portée & en état d’apprécier labonté réelle.

J’ajouterai que nous voyons auffi des hommes & desArtilîes proclamés bons, quelquefois même excellens,par un grand nombre d’approbateurs, qui ne font réelle-ment bons ni comme Artiftes , ni comme -hommes.

BORDURE. La bordure eft un chafïis à jour, dans lesreliures duquel on affujettit un tableau, ou, pour parlerle langage ufité, dont on l’encadre. La bordure ou lecadre, primitivement deftinés à contenir & défendre lesbords de la planche ou de la toile fur laquelle on avo-itpeint, étaient vraife-mblablement dans leur origine un af-fembîage de quatre tringles d’un bois fïmple qui gardoit làpropre couleur ; çn a orné ces tringles par quelques mou-lures ; on a oblervé qu’elles pouvotent fervir à renfermer,pour ainfî dire, les regards de celui qui 's’occupe à cori-fîdérer un ouvrage de Peinture & à les fixer davantage ;âlors on a -noirci le bois dont on formoit les bordures -,& on les a faites plus larges & plus apparentes ; enfin 1 ,le luxe a vu dans la bordure l’occalîon de 'parer le tableau& d’enrichir tout-à-la-fois le lieu oit il eft lulpendu.La dorure alors a été employée fur les bordures , d’abordvraifemblablenient fans excès, enfuite avec plus de pro-digalité. Le mauvais goût enfin, toujours à l'affût pourgâter ce qui eft bien , & pour rendre exceffif ce qui eftdans une jufte rnefure, n’a pas été fatisfait qu’il ne foitparvenu à furcharger les bordures d’ornemens empruntésde l’Architeâure , de feuiptures, de fleurs, de figures,d’allégories, d’or mat, brillant ou coloré,' & le tableau eftdevenu , quant à la dépenle & à l’étalage , l’acc^Toire deh bordure qui devoit lui être (ubordonnée.