288 G AL
de plomb, on alïujettit, avec de la cire ou des épin-gles , le deffin fur une feuille de papier , de manièreque le côté empreint de crayon rouge ou noir foit appli-qué fur le papier blanc ; enfuite, avec une pointe demétal, qui doit ne pas être coupante , on paffe , enappuyant autant qu’il eil nécelfaire , fur le trait qu’onveut calquer . Alors l’empreinte du crayon , dont efi cou-vert le revers du deffin, fe trouvant preffée dans le paf-iàge de la pointe ffir le papier blanc , y laiffe une trace ,ou ce qu’on appelle un calque ; 8c ce trait calqué eftplus ou moins exad, plus ou moins fpirituel, enfin plusou moins utile en raifon de ce que celui qui calque ade connoillance & même d’habitude acquife de l’Art' duDeffin,
Les dernières lignes de cette explication, que j’airendue la plus claire qu’il m’a été poffible, me conduifentnaturellement aux notions que je deiline ici à ceux quine font pas bien initiés dans les Arts, & qui par confé-quent ont de fauffes ou incomplettes idées fur ce qui arapport à leurs diverfes pratiques. En effet , combien dejeunes gens, d’hommes du monde , de perfonnes mêmequi ont le but de s’occuper des Arts , font difpofés àpenfer qu’en Calquant , auffi exactement qu’ils le peu-vent, un contour, un trait ; ce contour ou ce trait fetrouvera femblable à celui qu’ils veulent reproduire , &qu’ils n’auront plus qu’à imiter les ombres pour avoirdoublé l’original qu’ils cherchent à copier ?
Cependant on doit, pour les détromper & les inilrui-re, leur dire ici avec franchife, que ce trait mécaniquequils obtiennent par une opération dont la jufteffe leurparoit demontree, n’a & ne peut avoir de mérite qu’enproportion du talent que pofsède ceiui qui le forme ;
de