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trois couleurs, mais dans lefquelles on n’a pas pour butd’imiter la couleur naturelle des objets.
On dit un camayeu bleu,. verd , rougfe , &c. ; on ditsuffi des peintures en camay eu. Voilà à-peu-prcs lesplirafes dans lefquelles on emploie le plus ordinairementce mot. On peut y ajouter une manière de critiquer &de délàpprouver un tableau qui conflfte à dire d’un ta-bleau trop égal de couleur, ce tableau n’efl qu’un Ca-may eu.
Les Deffins faits à la fanguine , à la -pierre noire,à la mine de plomb , aux différais crayons , au bijlre , àVencre; la plupart des gravures, des tontiffes, des pa-piers teints, des étoffes travaillées ou brodées , peuvent,à certains égards , être compris dans ce qu’on appellecamayeu.
Une grande partie des toiles peintes , les damasmêmes, &c. offrent des camayeux , & repréfentent plusou moins bien, par nuances d’une, de deux ou de troiscouleurs, les divers objets dont ils font ornés.
Le mauvais goût qui, non content d’altérer les for-mes & les effets, nuit encore aux Arts en les déplaçant,je veux dire , en les employant à ce qui ne doit pas leurconvenir, a infpiré pendant un tems , qui n’eft pas en-core fort éloigné, une préférence pour les camayeux,fort contraire aux progrès de la Peinture. Les hommesdefeuvrés , ignorans, puiffans ou riches , étoient en celales miniftres accrédités & favoris du mauvais goût, com-me ils ont été dans tous les tems. L’ufage des camayeuxdevint, dans celui dont je parle , tellement à la mode,qu’on les fubftituoit prefqu’en tous lieux à la véritablePeinture. Cette fantai/îe épidémique devoit enfanter unemultitude d’ouvrages tendans à la barbarie ; & cela arriva.