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aux idées établies par les Poètes avant eux, ont fournis,fans le lavoir-, tous ceux qui doivent pratiquer les Arts,à regarder comme véritables les êtres imaginaires qu’ilsont repréfentés , & le Peintre ou le Sculpteur qui nefe rapprocheroit pas dans la repréfentation qu’il fait deces perfonnages, du caractère particulier , qu’on leur adonnés, ne les défîgneroit que d’une manière vague ;ainfî tous les caractères particuliers , fabuleux & fan-taftiques , tels que les furies , certains monfîres , lesfîtes infernaux , olympiens , le Tartare, l’Elifée ont uncaractère particulier. Il faut que l’Artifte les deffined’après la nature idéale, dont les Poètes & les Ecrivainsont été les créateurs.
Les objets religieux offrent aufîi pour nous des ca-ractères particuliers convenus & adoptés, dont le Pein-tre ne peut s’écarter entièrement. Les Anges ont leurs for-mes cara&ériftiques : les principaux objets de notre culteont des phyfîonomies & même des apparences généraleseonfacréss dans les Arts. L’ancien & le nouveau Tefla-ment, qui ont fourni tant d’ouvrages, ont impofé auxArtifles la loi de le conformer généralement & fuc-ceffivement à ce qu’ils ont décrit du caractère identiqued’un grand nombre d’êtres & d’objets de toute efpèce,& comme je l’ai dit, jufqu’à la phyfîonomie du Dieuinvifible que nous adorons, que nous regardons commeincompréhenfible, a , dans le coftume pittorefque , uncaractère particulier à-peu-près convenu.
L’on pourroit ajouter à cette énumération le caractèrede la beauté idéale , dont j’ai parlé aux articles Beau &Beauté , mais ce caractère coniïïle plutôt en une per-feâion extraordinaire donnée à différens caractères géné-raux & particuliers, que dans un caractère des formes,