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Tome premier.
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324
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324 - C H A

les tableaux où l’on copie la nature humaine, & Æ?»tout l’homme vivant & animé , comme dans l’hifloire& dans le portrait. C'eR auffi l’un des objets les plusdifficiles à bien rendre, parce que les chairs font fuf-ceptibles d’une infinité de dégradations, de fineffes detons '& de paffages qui exigent & une grande étudede la nature, & une grahde légèreté de pinceau. Enparlant ici de la nature particulière des chairs-, j’en-tends principalement la manière dont la lumière fe ré-fléchit fur cette fubflance. L’Ardfte obfervateur & ja-loux de plaire, examine l’effet que produifent les diffé-rentes infidences de la lumière fur le vilàge d’unefemme, lût lès bras, lur lès mains, fur fo n col & làgorge , lur-toüt fi elle efl blanche; fi la peau eff fine,tranfparente & légèrement colorée par le lang que cou-vre le tiffu délicat de l’épiderme.

La confiftance ferme, fouple & poreufe, dont la na-ture , le printems de l’âge , & la lànté douent une jeunebeauté, modifie la lumière qui n’eft pas renvoyée par letiffu de la peau , de la même manière que par les litbftan-ces dures ou raboteufes , dont la furface réfifie beau-coup davantage à l’incidence de fes rayons, ou ea abforiseune trop grande partie.

La [chair douce & élafîique, par fa nature, laiffepénétrer fes pores imperceptibles par une partie de lalumière, jufques dans la première couche de la peau;de-là refletëe & renvoyée avec molleffe , elle porte àl’ame par les regards qui la fixent, l’idée de la vie &les fenfations de la volupté ; obfervez encore que lescourbures infenfibles de la chair & fa tranfparence quilaiffe appercevoir des veines , répandent fur les demi-teihtes, ou demi-lumières, des nuances légèrement bleviâ->