3 2.8 C H A
vrage n’eft pas précifément chargé, puifqu’iî ne doit:pas paroître tel du point de vue pour lequel il effifait. Certainement dans les grands ouvrages de Peinturedont je veux parler , telles que font entr’autres les cou-,pôles , fi l’on s’approche plus ou moins des objetspeints, en paffant le point d’où ils doivent être confidé-.rés, on trouvera la plupart des contours, des traits, desexpreflions, des. tons Sc des teintes exagérées, outrées &chargées.. Mais s’ils ne l’étoient pas , aux yeux de ceuxqui les regardent de trop près, ils paroîtroient de leurvéritable point de vue, ou trop mois, ou indécis , oufoibles. Ainfi le mérite du Peintre efi vraiment alors de-charger , mais relativement aux effets de la perfpedivelinéaie, qui peut fe démontrer par des règles pofitivesjou de la perfpedive aérienne, qui efi, intelleduellementau moins , füfceptibie d’être démontrée.
Si l’on ne confîdère le mot chargé que comme défignantun défaut, on doit obferver que le principe ou la fource.de cette imperfedion efi affez ordinairement dans la na-ture même de l’Artifte, Rien de fi commun que deshommes qui oat un penchant habituel à l’exagération.Ce penchant a fa bafie ou dans l’elprit, ou dans les orga-nes , il vient ou d’une forte de facilité de famé à être-plus fortement émue , ou d’une organifaticn de quelques-uns des féns, qui leur procure des impreflïons trop vives,ïl efi aufli par des eau les contraires , quelques hommes,«hez lelqueis les objets & les idées, tranlmilès ou na-turelles perdent, en ■ paflànt par les. organes de leursfens, ou en naiffant dans leur efprit, une partie de leurvaleur ; les premiers dont j’ai parlé chargent en plus,& s’il étoit permis de s’exprimer ainfi , les féconds char-,gent en moins. Ces deux excès prouvent fans ceffe à