Band 
Tome premier.
Seite
393
JPEG-Download
 

C O N S93

certaines parties du jour. -La lumière du midi, fe doitcaradérifer par les ombres courtes , celle du matin ou duloir, par les ombres longues ; & quant au ton tropégal, que plufieurs leur donnent d’un bout à l’autre ,vous verrez dans la nature qu’elles ne font très-fortesque contre ce qui eft pofé à terre : qu’ immédiatementaprès , elles commencent à fe dégrader, ce qu’ellescontinuent de faire infenliblement & jufqu’au bout, àcaufe de la lueur qui règne par-tout où il fait jour.

Principe qui a lieu à l’égard de tous les corps quiportent des ombres , avec une diftindion cependant, quecette dégradation eft beaucoup moins marquée dansles ombres des objets qui lont éclairés par le foleil.

Toutes ces chofes, encore une fois , veulent êtrevues dans la nature , pour être rendues avec cette jufteffequ’on aime tant à trouver dans un bon ouvrage. Ellesne peuvent être fuppléés par la pratique, quelque rom-pu qu’on y foit, que fort imparfaitement. Vous le voyezdans certains payfages qu’on reconnoît aifément avoirété faits d’après nature, mais où les figures font commepoftiches , parce que le Peintre les y a ajoutées dansfon cabinet. Si en peignant les terraffes, il avoit eul’attention de les placer & de les voir deffus, il leurauroit donné leur ton jufte, & à leurs ombres la force& la longueur marquées par la nature. On a beau faire,je ne cefferai de le repéter , la réminifcence ne donnejamais ces vérités exades , qui font la perfedion de l’Art;on ne la peut attendre que d’un examen continuel dela nature : fi l’on vouloit bien s’attacher à l’épier loi-gneufement dans tous les effets, l’on feroit des chofèsfurprenantes, & d’une vérité à tromper.

Je finirai par dire un mot d’une autre pratique,