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ou violettes, qu’ils Voyoient employer ainli pour enfon-cer les objets du tableau. Ils fe rappelloient au contraireces couleurs fuyantes, G douces , G agréables, G parti-cipantes de l’air ; couleurs qui ne le peuvent décrire& qu’on ne peut bien apprendre à connoître que par cetteétude de comparaifon à laquelle vous voyez que mon lù-jet me ramène toujours; 8c comment faire cette étudedans le cas dont il s’agit ici ! Rien de plus aifé. C’efien pofant deux modèles à une dilîance convenable pourévaluer au jufle la véritable couleur de l’un & de l’autre ,& en vous accoutumant de voir les autres objets de la na-ture dans le même efprit. Et voilà le grand fecret decette . perlpedive aérienne, qui n’efl pas moins elî’en-tielle pour la perfeétion de notre Art, que ne l’efl Japerfpeéiive qui ne regarde que le trait.
Le fécond inconvénient qui naît de cette pratique,efl que cette manière de voir le modèle à ôtRance pa-reille , à quelque plan que foit deflinée la figure qu’onpeint d’après , donne lieu à un travail trop égal & tropprononcé par-tout ; l’éloignement des objets en efface ànos yeux tous les petits détails, & cet effet ne le carac-térife guère moins que l’affbiblifTement de la couleur.Or en imitant le naturel , de trop près , il n’efi pres-que pas poffible de lui donner cet air vague & flou quelui donne le volume d’air qui efl entre nous & lui, quandnous le voyons de loin. C’efl donc encore une raifon ,qui décide que pour le bien voir, il ne faut pas tropl’approcher.
Que de chofes n’y auroit-il pas. à dire encore £ûr cettematière , fî l’on vouloit la fuivre dans toutes fes parties !Mais il efl tems que je m’arrête. Je crains même d’a-voir trop abufé déjà de la patience de cette illuflre