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Tome premier.
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Rien n’eft fi commun , parmi les ênfans & les jeunesgens, que ces défirs ftériles que fait naître en eux cequ’ils voyent ou ce qu’ils entendent ; rien de fi rareque de rencontrer en eux le concours & le jufte ac-cord des qualités qui peuvent conduire aux fuccès :accord & concours qui forment les véritables dfipo-filions.

Ainfi dans toute efpèce d’éducation , un des objetsles plus effentiels & en' même - tems un des plusdifficiles à remplir, c’eft de ne pas confondre les goûtsfuggérés, & par conféquent paffagers , avec les dfipo -filions folides données par la Nature.

Celles-ci cultivées avec intelligence, mettentl’hommeà fa place. Les occafions qui font connoître les grandesqualités naturelles & leur affignent un rang, fontrares dans nos conftitutions. Conduire par des foinsfui vis. & bien médités, un homme à l’état auquel ileft le plus propre, eft donc peut - être dans les conf-titutions aéluelles le meilleur fyftême d’éducation.

. Ce qui, dans les arts, eft le plus avantageux pourl’individu & pour lafociété, c’eft de déterminer àtems, celui dont le penchant n’eft pas allez fécondépar les dfipofitions à fe fixer à quelqu’objet partiel,à quelque genre particulier, auquel il eft peut-être-plus propre & qui n’éxige pas le complément des difipo-filions nécelfaires pour les premiers genres.

Les demi-talens, les talens foibles & avortés, non-feulement font inutiles à la fociété, mais contribuentinfiniment à dcprifer les arts aux yeux de l’ignorance-^& à rendre la dépravation du goût plus generale.

Je palfe au fécond fens du mot dfipofition.

Ce mot s’employe plus ordinairement au finguîiar