Band 
Tome premier.
Seite
633
JPEG-Download
 

DIS

Il faut diftînguer du penchant la difpofîtion ou lesdifpofitions ( car ce mot, dans la lignification dont ils’agit, s’employe plus ordinairement au pluriel qu’aulingulier ).

Le penchant, que l’on confond affez fou vent avecles difpofitions , eft une inclination, un deftr plus oumoins fort, plus ou moins' perféverant de s’occuperd’un objet-, mais il ne fuppofe pas toujours les difpo-;fitions néceffaires pour réuffir.

Le penchant naît quelquefois de caufes accidentelles.'Il peut être l’effet de l’exemple qui conduit à l’imi-tation ; il eft quelque fois le fruit de l’inftigation oud’un deftr vague de fuppîéer au défœuvrement.

Les véritables difpofitions fuppofent, indépendam-ment d’une intelligence propre àrecevoir & à enchaînercertaines idées, certaines conceptions, des organescapables d’exécuter facilement certains mouvemens^d’accomplir certaines opérations.

Mais un jeune homme peut éprouver une inclinationaccidentelle ou fuggerée, pour imiter les objets qu’ilvoit, fans que la nature ait donné à fa vue la netteté& la jufteffe néceffaires, fans que fa main foit fufcep-tible d’affez de foupleffe & de liant pour obéir à toutesles intentions, quelquefois promptes, quelquefoislentes, mais toujours motivées de l’efprit, infpiré parles idées de l’art.

D’ailleurs les impreffions que reçoit fon organe vifuelen obfervant la nature, peuvent s’échapper trop promp-tement de fa réminiicence. Des défauts naturels peuventdonc trahir le penchant qu’auroit donné même la na*-ture, & le penchant feul, comme je l’ai dit, n’eftpas un fûr garant des difpofitions\ K