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EAU
» des peintres font quelquefois plus recherchées qufr» les plus belles eftampes des graveurs ».
Ceux qui ont quelque connoiffance des procédés dela gravure au burin & de celle à l’ eau-forte , ou quiprendront la peine de fe procurer cette connoiffancedans le diélionnaire pratique, fendront combien la gra-vure à Veau-forte doit l’emporter par l’efprit, le goût& la liberté. Le burin eft un outil réfiftant, qui eftpouffé par la force du poignet, au lieu d’être conduitpar l’agilité des doigts , & qui ne procède que par deslignes droites ou circulaires. La pointe dont on fe fertpour graver à Veau-forte fe tient avec les doigts commeune plume ou un crayon & fe prête à tous les mouve-mens que les doigts veulent lui imprimer. Tantôt onla conduit avec fermeté, tantôt on la fait badiner furle vernis -, elle fe prête à tous les travaux capricieuxqu’on lui prefcrit de tracer. Comparée au crayon, ellea le défavantage de la réfiftance que lui oppofe le cuivrequ’elle doit entamer plus ou moins légèrement ; maiselle a l’avantage de produire au befoin des travauxbien plus fubtils. Si les tailles qu’elle trace ont parelles-mêmes plus de maigreur & de fechereffe que leshachures faites au crayon, c’eft un inconvénient quel’intelligence & le goût de l’artifte font aifémentdifparoître, & dont il tire même des agrémerts parti-culiers à fon art.
Les eaux-fortes , prifes dans l’acception oû elleslignifient des eftampes produites par des travaux def-fmés à la pointe & creufés par Veau-forte , font de deuxefpèces. Les unes font deftinées par l’artifte à demeurertelles qu’elles font -, les eaux-fortes des peintres fonten général de cette claffe. Les autres font feulement
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