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Tome second.
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clair , l’ombre à l’ombre -, celui de détacher les objetsdu fond , une harmonie enfin que perfonne n’a jamaisfurpaflee ni même e’galée, voilà dans quelles partiesjointes à la grâce le Corrige eft au - deflus de tous lesautres peintres.

Les Carraches , Louis & les deux frères Augujlin%c Annibal &s coufins-germains , peuvent être regardéscomme les pères de la fécondé école Lombarde , qu’ondiftingue quelquefois par le nom d’EcoLE de Bologne.Ils furent les reftaurateurs de l’art qui s’etoit obfcijrcidans l’Italie entière après y avoir jette tant d^éclat.Tous trois étoient de Bologne, 8c leur naifïance étoitobfcure : le père à' AuguJUtt & d 'Annibal étoit Tailleur.Tous trois différoient peu par leur âge : Louis naquiten 1555 , Augujlin en 1557 ,8c Annibal en 1560.

Louis , comme le plus âgé, fut le niaîtrè des deuxautres. Il avoir étudié les ouvrages du Titien & dePaul Véronèfe à Venife, ceux d’André del Sarte , àFlorence; ceux du Corrège , à Parme ; ceux de Jules-Romain à Mantotiè ; mais c’étoit fur-tout la manièredu Corrège qu’il tâchoit d’imiter. Annibal fe partageaentre le Corrège & le Titien ; Augujlin , leur émuledans la peinture , avoit l’efprit cultivé par les lettres r& donnoit une partie de l'on tems à la poéfie , à la«nufique, à la danfe 8c aux exercices du corps ; maisîl fe confacroit principalement à la gravura qu’il avoitapprifa de Corneille Cort. Souvent ils travaîlloient tousles trois aux mêmes ouvrages; & l’on admirait queleurs mains parufl'ent être conduites par un mêmeefprit.

Ils établirent à Bologne une académie que leur zèlepour le progrès de l’art fit nommer d’abord Ÿ'academict