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Tome second.
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V

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jeune ¥oufft n un peintre vraiment poëte ; & cotnnsél’amour-propre a toujours la principale influence fur lesjugemens des hommes , il fentit d’autaïtt plus d’inclina-tion à l’eftimer, que l’artifte fe plaifoit à deffmer desfujets tirés de l’Adonis. Il alloït retourner à Rome,& lui offrit de l’y conduire -, mais Pcuffin étoit retenuà Paris par quelques ouvrages commencés , & entr’autre*par le tableau repréfentant la mort de la Vierge qu’ilfaifoit pour l’Eglife de Notre-Dame. Dès qu’il futlibre, il entreprit pour la troiftème fois le voyagede Rome , & y arriva, à l’âge de trente ans, au prin-tems de l’année 1624.

Il y retrouva le Cavalier Marin , mais prêt à partirpour Naples , où il mourut bientôt après. Il fut connu ,par fon moyen , du Cardinal Barberin, neveu d’Ur-ibainVIII; mais ce Cardinal alloit partir pour fes léga-tions. Ainft le Poujjïn , déjà hors de la premièrejeuneffe, fe trouva dans une ville étrangère, fan-sconnoiffances, fans appui, fans aucune autre refîburcequ’un talent qui devoit être mal apprécié parce qu’au-cun prôneur ne le faifoit valoir. Réduit à un état demisère qui auroit plongé dans le défefpoir une amefoible, pouvant à peine tirer de les ouvrages le prixque lui coûtoient les toiles, les couleurs , & unemiférable fubüftance, il fe trouvait heureux parcequ’il pouvoit étudier l’antique 8 c Raphaël. C’eft ainfiqu’avec une paflïon vive & facile à fatisfaire, on peutt rouver le bonheur dans le fein'de l’infortune, commeles âmes vulgaires que ne tranfporte aucun goût do-minant , n’éprouvent qu’une langueur douloureufe dan*le fein de la profpérité.

Le Pouffln avoir d’autant plus de peine à fubfffter d*