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les arts doivent à le Brun de reconnoiffance. Ce futdeux ans après fon retour de Rome , que , par le créditdu Chancelier qui i’aimoit, il eut une grande part Il’inftitution de ŸAcadémie Reyale de Peinture , qu’oapeut regarder comme le fiége de l’école Françoije. Juf-qu’à cette époque les artiftesavoient fait un même corpsavec les Maîtres Peintres en bâtimens , & , dans cetteaffociation monftrueufe , l’art étoit fubordonné au metlet;purement manuel.
Le Surintendant Fouquet jouiffoit alors de toutes lesfaveurs de la fortune qui devoit ft cruellement letrahir. Son faite effaçoit celui du trône. Dire qu’îlvoulut que fon château de Vaux fut embelli par le*talens de le Brun , c’efl aflez faire entendre que leBrun étoit alors regardé comme le premier peintre dela nation. Il fe l’attacha par une penfion de douze millelivres, qui vaudrait aujourd’hui près de deux foisdavantage, indépendamment du prix de fes tableauxqui dévoient lui être payés féparément.
Après la difgrace de Fouquet , le Brun travailla poufle Roi, qui lui accorda des lettres de noblefle & letitre de fon premier Peintre , avec une penfion fem-blable k celle que Fouquet lui avoir faite ; car il fem-bloit que le Monarque ne pût furpaffer le Surintendanten générofité. Louis XIV aimoit le grand en toutgenre, & le premier peintre n’eut pas trop de toute lâfécondité, de toute la richeffe de fon imaginationpour fatisfaite le goût du Souverain. Sculptures , orne-mens intérieurs des appartemens, tapifleries, piècesd’orfèvrerie &t de ferrurerie , ouvrages de mofaïque ,tables, vafes , luftres, candélabres, girandoles , tout& faifoit fous fa direction & fur fas deffins. Tant de