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Tome second.
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ingénieufes. Pour montrer encore plus la fécondité &les refiaurces de fon imagination , il cara&ér.foit fes fi»gures allégoriques par des fymboles qu’il inventoit lui»même au lieu d’employer ceux qui femblent confacréspar les anciens , & qu’on peut regarder comme les ca-ractères convenus d’une forte d’écriture hiéroglyphique.Cette prétention a rendu les allégories de le Brunénigmatiques.

Ce n’efi: pas à de femblables inventions que Panifiedoit fur-tout confacrer fon efprit. Ce qu’on appelle efprit& penfée dans les arts n’eft pas la même chofe que Ÿef-prit 8 c la penfée dans les ouvrages littéraires : ce n’eftpas contre des poètes écrivains , mais contre des poètespeintres que le peintre doit fonger à lutter. Il pourra,même avec un talent fort médiocre, mettre dans lesouvrages beaucoup de la forte d’invention qui appar-tient à la poéfie écrite, fans procurer à fon art unerichefle de plus. La poéfie pittorefque , le véritableefprit de l’artifte, confifte à faire agir les perfonnagesprécifément comme ils ont dû agir dans la circonf-tance où on les fuppofe, à le pénétrer foi - même de tousles fentimens dont ils dévoient être aft'êftés , & à fairepaffer ces fentimens fur la toile. C’eft ainfi qu’il in-téreflera bien plus Internent, que s’il exprimoit par desfigures 8 c des fymboles allégoriques tout ce que ces per-fonnages doivent me faire connoître en fe préfentantà moi. Le Pouffin femble avoir fait bien moins de fraisd’efpric & d’imagination que le Brun -, cependant ilfatisfait bien mieux les gens d’efprit, & , comme nousl’avons dit, il a mérité d’être appellé leur peintre.

l,e Brun eft mort à Paris le iz Février 1690,

JEustachk it Sueur, né en 1617 8 c mort en i6jj,

à