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Tome second.
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Au lieu d’unir & de fondre les couleurs, il employons?les couleurs pures & entières jufques dans les ombres.Çette manière fauffe, ces tons cruds donnent à lestableaux un éclat qui plaît encore, même aujourd’hui,à ceux qui n’ont aucune connoiffance de l’art, & qui,de fon temps , étoit généralement goûté.

Jean de Bruges efl: en Flandre le fondateur du mé-tier de la peinture ; Rubens doit y être regardé commele vrai fondateur de l’art.

Pierre-Paul Rubens, originaire de l.a ville d’An-vers , naquit en 1577 à Cologne où la guerre civileavoit obligé fort père de , chercher une retraite. Sesparens qui ne le deftinoient point aux arts lui firentétudier les lettres & il y fit autant de progrès que s’ileût été deltiné à ne. fe diftinguer que par. elles. IIfut placé en qualité de page auprès de la Comtefle daLalain ; mais ayant perdu fon père, il obtint de famère la permilîlon de fuivre. le penchant qui l’entraî-iioit vers la peinture. On le plaça d’abord chçz unpayfagifle , & enfuite chez Adam Van-Oort, quiavoit alors de la réputation, mais qui dégradoit fontalent par fon humeur brutale & fa conduite crapu-leufe. Le. jeune Rubens , bientôt dégoûté d’un telmaître , 1 e quitta pour Octave Van-Veen , qu’on connoît^ous le nom d’OTTo Venius & qui le premier fitconnoître en Flandre les principes du bon goût, lagrâce , & l’intelligence du clair-obfcur. Il étoit à Jafois peintre , hiftorien & poète. Rubens trouva danscette école des modèles de grâce & de génie -pitto-tefque , de couleur, de beauté de pinceau, de poli-t.effe, de bonté & d’élégance de mœurs , d’application

l’étude variée des lettres 8 c des arcs. Il ne la quitta