verfation fréquente des perfonnes qui parient îueft 3de même , l’artifte qui aura fuivi cette méthode auraJa véritable éloquence de l’art, il en parlera le langageavec pureté, parce qu’il le fera formé par le commerceafiidu des maîtres qui ont le mieux parlé ce langage,
Mais fouvent, dès le premier période de l’éducationpittorefque, les élèves font perdus pour l’art par l’im-prudence du maître ou par l’exemple des compagnonsd’étude. Loin d’avoir été préparé à l’obfervation , à laméditation, il a contrafté, peut-être pour toujours,l’habitude d’une pratique non moins incorrede que fa-cile, mais féduifante par cette facilité même.
Au lieu d’encourager les élèves à fe difputer entreeux à qui aura la main la plus expéditive, il faut lesengager à fe difputer à qui l’emportera par la correélioaSc la pureté d’un contour. Au lieu de leur infpirerl’émulation de combattre à qui trouvera la teinte la plusbrillante, à qui trompera l’œil par l’imitation d’uneétoffe, il faut leur offrir pour but de leurs travaux de jetterfavamment les plis d’un draperie, Sc de donner de ladignité à la figure humaine.
Sur-tout, il faut le garder de fouffrir que les élèvesne delTinent pas le nud tel qu’ils le voyent, & fe con-tentent d’en repréfenter feulement l’attitude. Tropfouvent ils fe piquent d’en changer telle ou telle partiepour la faire reffembler à l’idee qu’ils fe font forméede la beauté, & repréfentent plutôt le modèle telqu’ils croyent qu’il devroit être que commeil eft eneffet. C’eft ce qui a le plus retardé les progrès d’ungrand nombre de jeunes gens qui d’ailleurs ne man-quoient pas de génie ; & le danger eft d’autant plusgrand, que les élèves ont plus de cette forte de difpts*;lirions qui conduit à la facilité.