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On fait que toutes les Jlatues équejlres font poféesfur un focle qui forme un quarré long : le cheval paroîtmarcher au pas fur ce focle.
Mais M. Falconet , auteur du monument de Pé-tèribourg , avoit à repréfenter un héros qui palfe pourle créateur de la Rullie : on croit communément quefa vafte domination n’étoit peuplée que d’efpèces d’a-nimaux fauvagcs dont il a fu faire des hommes. Lefculpteur-poète, car les arts font une poéfie, a faifi cetteidée favorable à fon art, quoiqu’hiftoriquement ellene foit pas d’une exaéte vérité ; il a fu donner à fonouvrage une vie , un mouvement qui manque en géné-ral aux monumens de ce genre, en indiquant au fpec-tateur , par un fymbole ingénieux , les obftacles quele Prince avoit à furmonter. Il l’a repréfenté graviffantà cheval une roche efcarpée. Ainli la compofition eftallégorique, & par une heureufe conception, c’eft lehéros lui-même qui efl le fymbole de l’allégorie.
Pierre le Grand avoit eu lui-même une idée à-peu-près femblable -, il s’étoit fait graver fur un cachet fousla figure d’un fculpteur qui forme la Ruffie dans un rocencore brut. La penfée de l’artifte eft plus noble quecelle de l’empereur ; mais d’ailleurs elle offre le mêmefens.
M. Falconet a faifi pour l’inftant de fa compofitioncelui où le cavalier, arrivé au fommet du roc , arrêtefon cheval qui en eft à fon dernier pas & qui exprimed’une manière fenfible ce moment d’immobilité par le-quel le galop fe termine néceffairement. La tête duhéros, ceinte d’une couronne de laurier, eft fière &impofante , fa main protedrice femble s’étendre fur fonempire ; fon air, fon maintien , font majeftueux , maisît’ont rien de terrible : fous la dignité d’un maître, on